« Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es », « Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es ». Ils ne sont plus nombreux ces Congolais qui lisent les journaux et écoutent la radio. Ces deux activités participent d’une certaine éducation et renseignent sur le profil des uns et des autres.
En effet, quand on observe, il se dégage que ce sont les hommes politiques et les universitaires qui lisent les journaux. Ce n’est pas que les autres manquent de niveau mais ceux que nous avons mentionnés et auxquels il faut ajouter des hauts fonctionnaires ont de bonnes raisons de le faire.
Ils sont pour la plupart des acteurs de l’information. Comptables de l’action publique, ils ont cette mission de surveiller ce qui se dit dans les médias et ce qui s’écrit dans la presse. D’ailleurs, ils sont, ces hauts fonctionnaires, des cibles privilégiées des journalistes. À tort ou à raison, ils occupent les unes des journaux tout comme leur passage à l’antenne ou sur le plateau accroît l’audience. Soit !
Les jeunes, eux, sont plus ou moins désintéressés par les médias et la presse qu’ils jugent trop « politisés ». Un argument aux allures d’inculture cachée. Le dire n’est pas méchant car, même à l’ère du numérique, ils sont rares, les 20 – 30 ans qui ont cette passion pour les choses de l’esprit. Et l’information en est une.
À côté de ces couches sociales, il y a ceux qui ont pris leur retraite. Ces derniers ont, pour la plupart, gardé ce réflexe de la lecture et de l’information. Mais, coincés dans les quartiers périphériques où les kiosques à journaux sont rares, nos « vieux » n’ont que la radio ou la télé comme compagnons de leur solitude. Qu’écoutent-ils ? Radio Congo et une chaîne nationale. La première, au nom d’une certaine nostalgie. Puis au nom des deux langues nationales qui leur sont accessibles dans le cas des retraités peu amènes avec le français. Autrement, c’est Rfi qu’ils écoutent. Pour s’informer !
Parlons des Congolaises qui, à l’instar d’autres Africaines, sont désormais très portées vers les séries Novelas. Ne leur demander surtout pas de suivre les chaînes d’informations. Exceptionnellement, « nos femmes » posent leur regard sur les chaînes de sport. Pari perdu pour la lecture des journaux par les femmes. Même pas les magazines féminins. Que vont-elles gagner de suivre la radio ? La question est plus qu’un constat négatif. Le soir au lit, certainement, pour écouter ce pasteur qui propose la guérison à travers les ondes.
Au Congo comme ailleurs, chacun a son journal, ses chaînes de radio ou télé préférées. Il y va de l’éducation et des ambitions. Les images des personnes cachées derrière leurs journaux avec, à côté, une tasse de café ou un verre ne sont plus légion. Au contraire, ceux qui lisent sont mal jugés quand ils ne sont pas tout simplement « étiquetés ». Donc incompris. Pour terminer : quelle est la couleur des lecteurs des Dépêches de Brazzaville ?










