Processus de paix
Le chargé d’affaires des Etats-Unis lance un message ferme aux groupes armés
L’ambassade américaine en Centrafrique affiche une position claire face aux rebelles qui entretiennent les violences dans le pays.
La position des Etats-Unis intervient dans un contexte de menace des groupes armés de marcher sur Bangui. David Bronstein a déclaré, le 24 avril lors d'une rencontre avec la presse, que les groupes armés ont à faire le choix entre le dialogue et la violence, précisant que ceux qui adhèrent au processus de paix ont leur place à la table de décision.
Pour le diplomate américain, son pays souscrit entièrement au dialogue que l’Union africaine a amorcé pour soutenir les efforts du gouvernement, de la Minusca et d’autres partenaires. «En même temps, c’est très important pour toutes les parties de respecter leurs engagements. Si elles veulent être considéréss comme les partenaires politiques, elles doivent avoir un bon comportement. Mais, si elles continuent sur le chemin de la violence, on va les traiter comme tel. Le choix est à elles, les mains de la communauté internationale et du gouvernement restent ouvertes », a-t-il lancé.
Le chargé d’affaires se dit conscient des positions des groupes armés mais la paix doit être plus profitable que les conflits. « Je suis très conscient que les gens ont des revendications, c’est pourquoi nous voulons avoir un espace pour les discussions mais pas de combattre dans la rue. La Minusca, le gouvernement, l’Union africaine jouent un grand rôle que nous soutenons. Ici en RCA, les conflits sont plus rentables que la paix, économiquement et politiquement. Pour trouver une solution durable, la paix doit être plus profitable que les conflits », a soutenu David Bronstein.
Les agissements des groupes armés sont observés alors que l’Union africaine réunit les conditions du dialogue entre eux et le gouvernement.
Kouango
Les ex-Séléka quittent les bâtiments administratifs pour des maisons de particuliers
Occupés depuis cinq ans par les membres du groupe armé, les édifices de l'Etat ont été libérés de leurs occupants qui s'en étaient appropriés.
Selon les informations du RJDH, les ex-Séléka ont quitté la résidence du sous-préfet ainsi que le bâtiment abritant les différents services de la sous-préfecture qu’ils occupent depuis février 2013. D’après un notable contacté depuis fort longtemps, «ces bâtiments ont été libérés après plusieurs mois de discussions avec les ex-Séléka ». «Je pense que le nouveau sous-préfet a pesé de tout son poids pour obtenir ce résultat », confie-t-il, sous couvert de l’anonymat.
Plusieurs propriétés privées ont été occupées par les combattants de ce mouvement rebelle selon des sources indépendantes interrogées par le RJDH. «Ils ont certes quitté les bâtiments administratifs mais, c’est dans les maisons des particuliers qu’ils sont allés. Deux maisons de la famille Sokambi, dont une appartenant à l’ancien président de l’Assemblée nationale, sont illégalement occupées», témoigne une source bien introduite.
La peur monte dans les quartiers où les ex-Séléka viennent d’élire domicile. «Les bâtiments qu’ils ont pris se trouvent essentiellement dans un quartier appelé Bimbo. Au moment où je vous parle, la peur est palpable dans ce secteur à cause de la présence de ces hommes armés. Je puis vous signaler quelques déplacements des riverains», nous fait savoir une source proche de la société civile.
Le 23 avril, deux véhicules d’ex-Séléka lourdement armés sont entrés à Kouango. Les habitants contactés parlent de renforcement de dispositifs militaires pour des raisons inavouées. «Il y a encore deux de leurs véhicules qui sont arrivés. Ils ont renforcé leur position mais personne ne connaît les raisons. La peur est là et nous sommes sur le qui-vive », confie une autre source.
Les ex-Séléka contrôlent la ville de Kouango depuis le 1er février 2013. Ils ont la main mise sur le trafic du bétail et le commerce du café, cette culture de rente dont la ville est l’une de grandes productrices. Entre 2013 et 2016, les trois quarts de la population avaient quitté la ville à cause des violences attribuées aux ex-Séléka. Une accalmie est enregistrée depuis mi-2017 mais les habitants craignent que le renforcement du dispositif militaire des combattants de l’UPC dans cette localité fasse basculer la ville dans de nouvelles violences.
Développement
La Centrafrique dans le bas du tableau « Quality of Nationality Index 2017 »
Le pays occupe le 163e rang devant le Soudan du Sud, en proie lui aussi à une instabilité chronique.
L’Institut Henley & Partners – Kochenov a publié récemment la troisième édition du « Quality of Nationality Index 2017 » qui passe au crible cent soixante-huit pays au total. Et la place qu’occupe le pays s’explique surtout par les conséquences de la crise militaro-politique qu’il traverse.
La crise militaro-politique que vit la République centrafricaine a de nombreuses répercussions qui influent négativement sur son développement et ternissent son image, d’où les multiples appels pour la cessation des hostilités. Si dans les indices de développement, le pays est mal logé, c’est aussi le cas pour le «Quality of Nationality Index 2017» (QNI), qui mesure l’influence de la nationalité, qui a été publié récemment par l’Institut Henley & Partners – Kochebov.
Le rapport classe la Centrafrique au 163e rang devant le Soudan du Sud, qui y occupe le 164e. La Somalie, le 167e rang avec 13,4%, tandis que l’Irak se situe deux places plus haut. Donc, le bas du classement est occupé par les pays en proie à une instabilité chronique.
Dans la région nord-africaine, la Tunisie trône au haut du pavé, occupant la 110e place (28,3%), suivie par le Maroc à la 123e place (26,1%). L’Algérie arrive six places derrière (25,2%), tandis que l’Egypte (24,2%), la Mauritanie (22,6%) et la Libye (21,1%) occupent respectivement les 135e, 144e et 151e positions.
Les Européens toujours à la tête du podium
Pareillement selon l’édition du QNI 2016, les pays européens sont toujours en tête du classement. La France occupe la première place (81,7%), suivie de l’Allemagne (81,6%) et l’Islande (81,5%). Le Danemark arrive juste derrière (80,9%), puis les Pays-Bas (80,8%) se classent au cinquième rang.
Au Moyen-Orient, les Emirats arabes unis détiennent la nationalité la plus forte de la région arabe (45,8%) en se hissant à la 46e place, puis le Koweït (35,7%) qui occupe la 82e position. Le Qatar prend la troisième position dans la région arabe (34,1%), en se hissant à la 87e place.
Qu’est-ce que le QNI ?
Le « Quality of nationality index 2017» (QNI) livre un «classement compréhensif de la qualité des nationalités dans le monde. Pour qu’il soit fiable, les auteurs ont fait le choix de ne pas en faire un index fondé sur la perception », expliquent les auteurs du rapport.
Le «Quality of nationality index 2017» s’appuie sur plusieurs facteurs internes pour mesurer l’influence et le poids d’une nationalité, notamment le développement humain grâce au programme des Nations unies qui lui est dédié et qui se focalise sur la santé, l’éducation et le niveau de vie. Il tient aussi compte du dynamisme économique du pays, mesuré sur la base des différentes statistiques du Fonds monétaire international qui comparent la part du produit intérieur brut dans la parité du pouvoir d’achat. Le dernier facteur interne est celui de la paix et de la stabilité évalué grâce à l’index de la paix mondiale publié par l’Institut d’économie et de paix.
Enfin, les facteurs externes se fondent sur la possibilité de voyager dans le maximum de pays sans visa et la liberté de s’installer dans le pays d’accueil. Le QNI permet « d’établir un comparatif objectif et impartial sur la valeur de toutes les nationalités dans le monde (…) On obtient ainsi un constat clair sur les nationalités qui sont objectivement meilleures que les autres », indique l’Institut sur son site internet.










