Le Congolais est récompensé pour son roman Un océan, deux mers, trois continents paru chez Actes Sud
En présence du jury, de la famille Kourouma représentée par sa fille Sophie, de plusieurs personnalités politiques des institutions, du monde littéraire rt Jules César Botokou Eboko, ministre conseiller de l'ambassade du Congo en Suisse, Jacques Chevrier a remis, ce vendredi 27 avril, sur le stand du Salon africain, le Prix Kourouma à Wilfried
N'Sondé, succédant ainsi à l’écrivain camerounais Max Lobe pour son roman Confidences.
Ce Prix a été créé en 2004 par le Salon africain, juste après la mort de Ahmadou Kourouma en 2003. Pour cette édition, Wilfried N'Sondé était en compétition avec Mahamat Saleh Haroun pour Djibril ou les ombres portées et Théo Ananissoh pour Delikatessen, tous deux publiés dans la collection Continents Noirs des éditions Gallimard.
Exprimant sa fierté d'être associé au nom d'Ahmadou Kourouma et à ses valeurs humanistes, le lauréat 2018 a reconnu être dans le même esprit d'indépendance, de lucidité et de clairvoyance qui s'inscrit dans le droit fil de l'héritage de l'illustre homme de plume de la Côte d'Ivoire.
En substance, Un océan, deux mers, trois continents raconte l'histoire d'un prêtre congolais. Au début du XIIe siècle, il est chargé de devenir ambassadeur auprès du pape. Le jeune prêtre entame donc un voyage jusqu'à Rome. Sans le savoir, il emprunte un bateau chargé d'esclaves. Il fera alors de l'abolition de l'esclavage son cheval de bataille et le but de sa vie. L'auteur, qui a notamment enseigné la littérature à Berne, en Allemagne, signe ici un plaidoyer pour la tolérance et l'égalité.
Il définit lui-même son ouvrage comme un roman d'aventure historique qui se trouve précisément récompensé le jour où le président français rend hommage aux abolitionnistes de l'esclavage. Belle coïncidence pour une volonté de l'auteur d'apporter un peu de lumière et une dose d'humanité en partant d'un personnage qui a existé.
Emu, Wilfried N'Sondé a eu une pensée reconnaissante pour sa famille, ceux qui le soutiennent mais plus encore pour Bernard Magné qui a cru en lui pour la littérature dès ses débuts. Né en 1968 à Brazzaville, le lauréat a fait des études de sciences politiques à Paris avant de partir vivre à Berlin où il est resté vingt-cinq ans. Il habite désormais à Paris. En 2016 il a enseigné la littérature à l’université de Berne en tant que professeur invité. Musicien et auteur de chansons, il se produit régulièrement en duo avec son frère Serge N’Sondé en France et en Allemagne. Écrivain, il publie son œuvre aux éditions Actes Sud, et ses romans sont traduits aux États-Unis et en Italie. En 2007 le Prix des cinq continents de la francophonie et le Prix Senghor de la création littéraire lui sont remis pour son livre Le cœur des enfants léopards. Il signe ensuite Le Silence des esprits en 2010 puis Fleur de béton en 2012. La même année, il participe au Manifeste pour l’hospitalité des langues (Editions la Passe du vent) avec Henriette Walter, Boualem Sansal, Jean-Luc Raharimanana et Patrice Meyer-Bisch. Son avant-dernier roman, Berlinoise, paraît en 2015.










