Fespam : la fête commence bien

Lundi, Juillet 15, 2013 - 20:45

C’est du moins ce que tout bon observateur a constaté, le 13 juillet dernier, lors de la cérémonie d’ouverture de cette neuvième édition du festival panafricain de musique (Fespam), patronné par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, qui avait à ses côtés, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

Dès l’entame de cette belle fête musicale africaine, c’est le député maire de la ville de Brazzaville, Hugues Ngouélondélé, qui souhaite un agréable séjour dans sa ville, berceau de la rumba congolaise et siège du conseil africain de la musique, à tous les festivaliers. Il salue également de manière particulière la présence de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

Cette dernière, a dans son adresse, salué l’organisation de cette fête de la musique qui est en fait une fête de la fraternité. Pour Irina Bokova, Brazzaville est l’épicentre de la musique mondiale. Il suffit de se promener dans ses rues pour entendre comment les musiques du monde sont chantées, et connaître les rythmes de la Rumba congolaise, du Soukous, du Ndombolo, du Coupé décalé…. Elle a également rappelé le thème du Fespam de cette année, qui révèle une signification toute particulière. « Nous célébrons la neuvième édition du Fespam sous le signe : des musiques africaines, vecteur d’authenticité et facteur d’émergence, au lendemain du cinquantenaire de l’Union africaine, sous les couleurs de la renaissance africaine. »

Reconnaissant que la musique porte l’identité, la dignité et la paix, elle a profité de rendre un hommage mérité aux artistes africains : les bantous de la capitale ; Jean Serge Essous (ambassadeur des bonnes volontés de l’Unesco) ; Aïcha Koné ; Myriam Makeba ; Magic System ; Youssou N’dour ; Manu Dibango ; Yvonne Chaka-Chaka ; Pierre Akendengué ; Papa Wemba ; Koffi Olomidé…

Le Congo a célébré la plus palpitante des rencontres fusionnelles

Jean Claude Gakosso, ministre de la culture et des arts, président du comité de direction du Fespam, du haut de la tribune, n’a pas manqué de le dire. Le Congo a célébré la plus palpitante des rencontres fusionnelles de la jeunesse africaine autour de cet art qui a l’approbation des dieux de l’Olympe : la musique.

Au moment où s’allument les feux de la rampe pour éclairer d’une myriade de rayons lumineux les plus belles expressions artistiques africaines ; au moment où va se répandre dans le ciel de Brazzaville, cité culturelle et sanctuaire des arts, s’il en est un, ici au cœur de l’Afrique, au moment où va se répandre la clameur de ces gorgées de soleil et où va se propager, à la manière d’une onde de choc, l’écho de ces instruments de musique divers et variés que vont manier les plus talentueux des artistes du continent, le président du comité de direction du Fespam, a suggéré humblement d’élever une pensée pieuse pour accompagner dans son ultime combat, un homme arrivé au crépuscule de sa vie ; un homme qui aurait pu, peut-être, être l’invité spéciale de cette fête musicale panafricaine, s’il n’était cloué au lit par la maladie ; un homme dont l’existence résume à elle seule les rêves de liberté et d’accomplissement de l’humanité toute entière, à savoir, Nelson Mandela, héros de la lutte anti-Apartheid, étoile polaire de la longue marche de son peuple vers la liberté, père de la Nation arc-en-ciel, qu’est l’Afrique du sud, pour laquelle, la neuvième édition a été dédiée.

Ce pays, poursuit le ministre, cristallise aujourd’hui l’espoir de tout un continent d’enfin parvenir aux rivages de l’émergence et de la renaissance. Une terre généreuse, aux mille paysages et aux mille visages, qui a offert à la culture universelle des icônes artistiques tels que : Miriam Makeba, la grande poétesse de la douleur et de la révolte ; Hugh Masekela, le trompettiste au souffle viril et inégalable ; Ray Phiri, le célèbre jazzman, fondateur du groupe Stiméla ; Rebecca Malopé, la diva à l’inimitable voix gospel ; Brenda Fassié, la star rebelle fécondée dans le ghetto de Soweto ; Lucky Dube, le prolixe reggae-man de Johannesburg ; Artur Mafokaté, le pionnier émérite de la musique Kwaito ; Johnny Clegg, l’indomptable Zoulou blanc qui n’a retrouvé la paix intérieure qu’avec l’abolition de l’Apartheid.

Enfin, le ministre Jean Claude Gakosso, a sollicité aux africains d’agir dans tous les azimuts en faveur de la créativité artistique ; en faveur de l’innovation esthétique ; en faveur de l’art populaire et sans frontière célébré et sublimé ce soir, cet art adoucissant pour les mœurs, qu’est la musique.

Après quoi, le président de la République, a déclaré ouverte la neuvième édition du Fespam. Mais bien avant, il a décoré à titre exceptionnel dans l’ordre du dévouement congolais au grade d’officier : Rhode Bath Schéba Makoumbou et Marie Françoise Ibovi, respectivement artiste-peintre-sculpteur, et écrivaine congolaises qui ont remporté le Grand Prix des Arts et des Lettres du Président de la République, édition 2012. Puis dans l’ordre de la légion d’honneur au grade de la médaille d’or, certains artistes musiciens.

Un show en mouvementé

Le show qui a précédé le spectacle de la neuvième édition, a été ouvert par le groupe Diaz production. Un show exprimant le combat des peuples noirs, des peuples africains pour l’obtention de la liberté. Un spectacle inédit, riche en son et lumières, qui a été immédiatement suivi par les feux d’artifices, qui ont duré une vingtaine de minutes, augurant ainsi la beauté de la fête.

Après ce spectacle égayant, place à la musique. C’est Yvonne Chaka-Chaka, qui a ouvert le bal. Très applaudi, cette grande dame de la chanson, pour laquelle la neuvième édition lui a été dédiée, est une artiste authentique qui incarne peut-être mieux que quiconque dans son pays l’idée d’émergence à travers la musique. Une artiste qui aura la charge et l’honneur de porter, pendant deux ans, les couleurs du Fespam, comme marraine. C’est d’ailleurs dans ce contexte, que les musiciens de la République démocratique du Congo (RDC) en l’occurrence, Tshala Muana, Mbilia Bel et Felix Wazékwa, venus assister à la cérémonie d’ouverture, ont monté sur le podium à titre de reconnaissance pour l’honorer. Après la prestation d’Yvonne Chaka-Chaka, s’en est suivi, le groupe Bana C4 ; un groupe des jeunes congolais vivant en France, ce groupe a donné un nouveau visage à la danse et à la musique afro-caribéenne en alliant originalité et énergie.

Le show véritable a commencé réellement avec le charismatique musicien de la RDC, Noël Ngiama Makanda Werrason. Très attendu par le public tant de Brazzaville que de la communauté de la RDC, Werrason, a présenté une chorégraphie sans pareille. Après le passage du groupe éthiopien, Lucy Band, Roga-Roga, réputé pour avoir valorisé la musique congolaise sur la scène internationale, a électrisé la foule, par des animations comme « Contentieux » ou des chansons comme « Simba ». L’applaudimètre de la soirée a été le groupe P. Square. Ce duo de Paul et Peter, n’a pas un seul instant laissé le public timoré. Il a tenu le public en haleine du début à la fin de leur prestation. Les mélomanes ont jugé de positif, leur participation à la neuvième édition du Fespam.

 

 

 

Bruno Okokana