Le psychologue américain s’aligne dans le domaine des sciences de l'éducation à travers son ouvrage. Il propose quelques pistes de réflexion, fruit d'une longue enquête, pour aider les éducateurs à susciter l'autodiscipline chez l'enfant ou l'élève sans recourir à la violence physique ou verbale.
L'ouvrage édité chez Marabout met à la disposition du lecteur diverses possibilités qui peuvent permettre de comprendre l’enfant ou l'élève pour ensuite l'aider à développer des qualités relatives à une formation humaine équilibrée. Sachant tout
de même que la manière d’éduquer n’est toujours pas valable à tout le monde en raison des différences de caractère et de cultures. Alors, il s’agit donc d’adapter une forme d’éducation en rapport avec le caractère de l’enfant.
Depuis toujours, l’éducation reste une question centrale dans la vie de l’homme. L’enfant, dès son jeune âge a besoin de recevoir une éducation qui lui permette d'être une personne responsable, intègre et utile dans la société. Eduquer est un problème qui divise les personnes dans plusieurs structures sociales, politiques, juridiques, éducatives, religieuses, familiales. Du moment où certains appliquent le rigorisme, d’autres encore sont tolérants. Cela représente un véritable problème qui suscite des points de vue divergents.
Dans le domaine de l’éducation, il est à noter que la discipline imposée n’aboutit pas à des bons résultats sinon qu'à former des sujets résignés ou rebelles. D’ailleurs, certains psychologues affirment qu’« il est inefficace et même nuisible d’imposer une discipline stricte et punitive aux enfants et aux jeunes ». Cependant, la tolérance ne garantit toujours pas aussi la discipline. C’est finalement une question paradoxale.
S’il faut punir en vue d’éduquer, il ne s’agit pas d’infliger une torture à l’enfant pour lui faire savoir que l’acte commis est intolérable. Mais il suffit d’user de certaines méthodes favorables et accessibles au comportement de l’enfant pour le ramener sur le bon chemin. En effet, il faut tout d’abord chercher à comprendre le caractère de l’enfant avant d'envisager un mode de discipline adapté au contexte.
L’expérience a montré, affirme le Dr Thomas Gordon, que les enfants qui sont souvent punis sont tentés par la volonté de se défendre ou de résister ou encore ils développent des attitudes suicidaires. Les résultats de plusieurs enquêtes menées auprès des milliers de sujets issus de toutes les couches sociales révèlent que ces enfants sont plus agressifs à l’égard de la société que ceux qui ne sont pas souvent punis.
On pense que, ajoute-t-il, discipliner c’est imposer des instructions aux enfants, oubliant que lorsqu’on impose, il y a très souvent un esprit de révolte car la punition infligée suscite des sentiments d'humiliation et de frustration chez la victime. Et cet état d'esprit ne peut amender le comportement.
Eduquer, c’est former, corriger, montrer par l'exemple et par un apprentissage répété et patient à l’enfant les pistes qu’il faut suivre ou privilégier pour se faire un adulte responsable dans la société. Pour ce, il faut une démarche démocratique, non autocratique, fondée sur le dialogue, la vérité et l'amour, en vue d'éclairer l'apprenant sur le bien-fondé des choses, des actions ou des attitudes normales pour son propre intérêt et pour l'intérêt commun.
L’éducation exige quelquefois que l'éduqué soit aidé à devenir capable de résoudre certains problèmes lui-même, en lui laissant le temps de s’interroger pendant qu’il a un problème; et c’est lorsque l’enfant prouve l'incapacité à résoudre lui-même son problème que l’éducateur peut intervenir. Ce que les parents et les enseignants peuvent faire, c’est d’éviter les châtiments physiques ou les propos violents. L'exemplarité, le dialogue et le silence sont des armes assez efficaces pour amener l'enfant ou l'élève à prendre conscience et à s'auto-discipliner.










