Élections locales : des difficultés identifiées dans la préparation des élections

Mardi, Mars 18, 2014 - 15:30

En mission à Brazzaville, les experts de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ont identifié des difficultés majeures dans la mise en œuvre du processus électoral

Une séance de restitution des conclusions de la mission de contact de ces experts, dans la perspective des élections locales au Congo, s’est déroulée le 18 mars en présence du commissaire général du Comité de suivi de la convention pour la paix et la reconstruction du Congo, Marius Mouambenga, des partis de la majorité présidentielle, du centre et de l’opposition, ainsi que des membres de la société civile.

L’objet de cette rencontre était d’avoir une lecture partagée du processus électoral à la lumière des analyses des experts francophones, afin d’établir des priorités communes à proposer aux autorités politiques ainsi qu’aux responsables d’institutions impliquées dans la gestion des élections. « Il s’agissait d’une mission qui a été demandée par le Comité de suivi, pour voir quel était le diagnostic que l’OIF portait sur les prochaines élections locales. Nous avons fait un certain nombre de recommandations que nous avons souhaité partager avec les membres du Comité de suivi. Ce qui m’a frappé, c’est cette volonté qui anime les acteurs politiques de faire en sorte que les élections locales se déroulent dans de meilleures conditions. Ainsi, nous devons donc anticiper tous les obstacles qui peuvent se présenter d’ici là. J’ai relevé une sorte de consensus général au sein des acteurs politiques déterminés à lutter pour que le pays ne traverse pas de crise au moment de ces élections », a déclaré le directeur chargé de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme de l’OIF, Christophe Guilhou.

Cette mission d’information et d’évaluation préélectorale a permis à ces experts d’évaluer le cadre de préparation des élections à la suite de la concertation politique de Dolisie, et notamment des mesures prises par les autorités en charge de la gestion du processus électoral à la faveur de ce dialogue politique inter-congolais. En vue de permettre à la population de comprendre les enjeux des élections, et que le corps électoral ne fasse l’objet d’aucune contestation, les acteurs politiques de l’opposition ont recommandé que le principe de dialogue permanent soit un acquis. Et les partis de l’opposition et du centre de demander à la majorité présidentielle de mettre en application les trois principales recommandations faites à l’issue de la concertation politique de Dolisie, à savoir : le recensement administratif spécial, en phase finale ; l’érection de la Commission nationale d’organisation des élections en un organe indépendant ; et l’élargissement de la mission du Comité de suivi. « Pour mettre en place un dispositif organisationnel afin que les élections se déroulent de façon apaisée, il faut nécessairement une volonté politique, car le Congo est un bien commun. C’est dans l’alternance que l’on construit un pays. Ainsi, le fichier électoral doit être fiable et faire l’objet d’aucune contestation, car l’opposition n’est pas seulement celle représentée à l’hémicycle, mais il existe une opposition de rue », a déclaré un cadre de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPDS), Emmanuel Bongouandza.

Après avoir identifié les difficultés dans la mise en œuvre du processus électoral, les missionnaires de l’OIF ont déterminé les secteurs pour lesquels l’assistance électorale de ladite organisation a été jugée utile. Leur attention a porté sur cinq sujets principaux : la question du fichier électoral ; l’état-civil ; le financement des campagnes électorales ; la couverture médiatique des campagnes électorales et la régulation des médias en période électorale ; le contentieux électoral et la gestion des différends liés à l’organisation des scrutins. Ces domaines d’intervention seront donc à la base de la coopération entre l’OIF et le Congo en matière électorale.

Conformément à leur mandat, les experts ont rencontré l’ensemble des responsables des institutions impliquées dans la préparation, l’organisation et le contrôle des élections, les acteurs politiques et de la société civile, les partenaires bilatéraux et multilatéraux, de manière à recueillir des informations sur les conditions de préparation des élections locales. Sur cette base, ils ont élaboré un rapport circonstancié destiné aux autorités congolaises ainsi qu’à l’OIF et ses instances.

Notons que cette mission, qui avait pour objectif d’établir le dialogue entre l’OIF et les autorités congolaises autour de la question de l’organisation des élections, se poursuivra jusqu’au 21 mars. Elle permettra ainsi à l’ensemble des acteurs prenant part au processus électoral d’avoir une lecture partagée des problèmes ainsi que des solutions à mettre en œuvre pour l’amélioration du cadre d’organisation des élections au Congo. À terme, un projet de feuille de route sera élaboré en vue de renforcer les capacités électorales en République du Congo.

Josiane Mambou Loukoula
Légendes et crédits photo : 
Le présidium au cours de la séance de restitution