Le court métrage fiction d’environ une vingtaine de minutes est une production de Marie Clémentine Dusabejambo, réalisatrice rwandaise, qui dénonce la stigmatisation à l’égard des personnes albinos. Ce film jette un éclairage sur la vie des personnes confrontées au rejet à cause de leurs différences.
En âge d’aller à l’école, Elikia, une fillette albinos de 5 ans, se fait inscrire dans une étabissement d'enseignement primaire de sa communauté. Enthousiaste d’apprendre de nouvelles choses et certainement de se faire de nouveaux camarades, c’est toute motivée qu’elle s’y rend le premier jour.
Très vite, elle est perçue différente par ses camarades de classe. « Elle est blanche, mais… », constatent ses petits amis. A cause de sa couleur de peau et ses traits particuliers, Elikia devient un problème pour ses camarades de classe qui ne sont pas prêts à l’accepter telle qu’elle est. Ils la menacent et l’effraient chaque fois qu’ils en ont l’occasion.
Il faut croire que ce rejet, la petite fille ne la subit pas qu’en milieu scolaire. Car, au sein de sa communauté, le voisinage la regarde d’un mauvais œil et la fait sentir indésirable. Mais pour sa mère, toute cette situation est allée un peu trop loin. Grâce à elle, Elikia retrouve de l’espoir, de l’amour et de la confiance en soi. A deux, elles élèvent leurs voix et décident de se défendre contre la discrimination faite à Elikia qui, d’ailleurs, n’a pas choisi de naître albinos.
L’enfance est une période des rêves les plus incroyables. Mais dans cette quête du bonheur, nombreux se découragent lorsque le monde ne perçoit pas en eux ce qu’il nommerait la « normalité ». Et ce film vient notamment briser ce mépris. Les êtres humains ont tellement en commun qu’il serait judicieux de s’attarder sur ce qui unit, plutôt que sur ce qui divise.
"A place for myself", signifiant en français une place ou un lieu pour moi, avait été bien accueilli à sa sortie en 2016. A ce jour, ce film a déjà remporté plusieurs prix parmi lesquels le tanit de bronze du meilleur court métrage aux Journées cinématographiques de Carthage, en Tunisie, en 2016, et le prix Thomas-Sankara lors de la Nuit du court métrage à Ouagadougou, en 2017.










