Des trois pays hôtes de la Coupe du monde de football lancée le 11 juin, les États-Unis d'Amérique volent la vedette à leurs deux partenaires, le Canada et le Mexique. Pour un certain nombre de raisons dont la plus en vue est sans doute l’hyper-présence du président Donald Trump. Il est, en effet, de tous ses homologues concernés celui qui, à son avantage ou non, a le plus communiqué sur l’évènement.
L’on pense en outre, non sans invoquer la présomption d’innocence, que la relation particulière qui lie le président de la FIFA (Fédération internationale de football) Gianni Infantino au locataire de la Maison Blanche contribue au traitement exceptionnel dont jouit Washington, alors même que les restrictions imposées aux membres de plusieurs délégations sont décrites comme inédites dans l’histoire de la compétition.
Traitement exceptionnel, est-ce vrai ? Notons tout de même que la première puissance verra l’essentiel des matchs décisifs se dérouler sur son sol. Après les formalités de groupe réunissant les 48 nations, le gros des quarts de finale se joue dans les villes américaines de Boston, Los Angeles, Houston et Dallas ; les demi-finales à Dallas et Atlanta ; la petite finale à Miami ; la finale à New York. Ce calendrier alléchant aurait pu s’allier à l’habituelle règle du fair-play qui est aussi synonyme de facilités de conditions d’accueil pour tous. Ce chaînon-là pourra faire défaut.
Bien entendu, la magie festive du football emballera les amateurs du sport roi aux quatre coins du monde. 104 matchs, autant de couleurs et d’emblèmes, des stades vibrant au rythme des compétiteurs, le sport-roi prendra la place qui lui est toujours revenue. Il ne faut cependant pas que des considérations qui n'ont rien à voir avec ces réjouissances uniques viennent en perturber le cours.
Montrée du doigt pour certaines délibérations controversées, la FIFA doit agir comme une organisation qui protège les règles sur lesquelles elle a bâti sa réputation.