Charles Peter Moukala-Kinzounza lance un pavé avec « Je ne dois plus migrer ». Au-delà de la fiction, son roman pose la vraie question : pourquoi tant de jeunes Africains risquent-ils leur vie sur les routes de l’exil ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, 146 000 Africains ont été interceptés en situation irrégulière vers l’Europe. Derrière chaque statistique, une tragédie humaine. 4 465 migrants sont morts en tentant la traversée. Le Mali, premier pays d’origine avec 16 500 départs, illustre les ravages des instabilités politiques.
Pourtant, l’immigration clandestine n’est qu’un symptôme. Le mal profond réside dans l’incapacité de nos États à retenir leurs forces vives. Quand la moitié de l’Afrique a moins de 15 ans, l’urgence n’est plus de dresser des barrières mais de construire des perspectives.
Le roman de Me Kiss résonne comme un appel au réveil. Non, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Les « Eldorados » européens comptent leurs laissés-pour-compte. Mais tant que nos jeunes n’auront ni formation, ni emploi, ni espoir, ils continueront à fuir.
L’heure n’est plus aux discours moralisateurs. Nos dirigeants doivent transformer les machettes en outils de création, comme l’association de Ghislaine Matondo. Investir dans la formation professionnelle, créer des incubateurs, valoriser l’artisanat local.
La migration n’est pas une fatalité. Elle reflète notre incapacité à offrir un avenir digne à notre capital : la jeunesse. Agissons.