Un homme averti en vaut deux dit l'adage. Appliquée à une personne morale l'on peut aussi avancer : une institution avisée des conséquences de ses choix peut s'en prémunir si elle en prend conscience.
La situation actuelle de la CEMAC (Communauté économique des États de l'Afrique centrale) interpelle à plus d'un titre. Il suffit de lire le communiqué final du sommet extraordinaire des dirigeants des pays membres réunis à Brazzaville, jeudi 22 janvier, pour s'en convaincre.
Tenant pratiquement lieu de feuille de route de la Communauté, les conclusions de la concertation invitent, entre autres, les six États de la CEMAC à agir de façon concertée s'ils souhaitent renforcer les assises de l'institution et en préserver la crédibilité vis-à-vis d'eux-mêmes, des populations au nom desquelles ils parlent mais aussi de leurs partenaires.
Ces derniers, faut-il le rappeler, ont en plusieurs occasions tiré la sonnette d'alarme sans apparemment être parvenus à convaincre les gouvernements concernés à sauter le pas.
À Brazzaville, la présence de quatre chefs d'Etat sur les six que compte la CEMAC, deux autres d’entre eux ayant été représentés à un haut niveau, est le signe que la situation reste préoccupante. Mais aussi que les solutions appropriées sont à portée de main.
Conclusion provisoire : attention CEMAC, bouge-toi vite et fort avant que le ciel de la confiance mutuelle de tes composantes, gage de ta stabilité, ne s'assombrisse. Sinon, à n’en pas douter, ce sera la catastrophe !