Pierre Claver Mabiala, parcours d’ancien combattant de la culture de Ponton

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Lundi, Mai 5, 2014 - 15:00

Le 04 juin prochain se tiendra à Pointe Noire la 10ème édition du festival N'SANGU NDJI NDJ. Des têtes d’affiches comme le sénégalais Ismaël Lô et le congolais Fredy Massamba seront accompagnés par une vingtaine de nombreux artistes locaux.

A Pointe noire, sa ville natale Pierre Claver Mabiala, fondateur du festival  N'SANGU Ndi Ndji est un infatigable combattant de la culture. Armé de de courage et d’une incroyable énergie et courage avec zéro soutien de l’Etat et de a ville, il fait vivre depuis une quinzaine d'années son modeste Espace Yaro à Loandjili, vitrine de la vie culturelle de Ponton.

Pierre Claver Mabiala a traversé toutes les étapes de la culture populaire de la ville portuaire ou il est né en 1973. A l’âge de 10 ans il  intègre le mouvement des jeunesses catholique YAMBOTE qui donne la possibilité aux jeunes d’exercer, à côté de l'éducation religieuse, les jeux, la lecture, le théâtre et la danse.  Le jeune pontenegrin devient encadreur de ce mouvement au sein de l’église Chist-Roi de Loandjili ou il fait ses premières expériences théâtrales.

En 1988 Pierre Claver Mabiala rejoint une compagnie théâtrale LES MARIENS de l’UNION DE JEUNESSE SOCIALISTE CONGOLAISE (UJSC) du parti unique au collège Moe Poaty. Deux ans plus tard, grâce au CCF il rencontre des  comédiens professionnels venus de la France pour l'atelier Punta Negra dédié aux jeunes artistes de la ville. En 1992 alors âgé de 19 ans, Pierre Claver assiste aux répétitions du Rocado Zulu, compagnie théâtrale chère à Sony Labou Tansi. Le jeu des comédiens Victor Louya et Nicolas Bissi bouleverse le jeune qu’il est : « un univers s’ouvre à moi »confit-il. A Pointe Noire, en compagnie de ses amis Pierre Claver rebaptise la compagnie « Les mariens » en « les bivelas ». Ils jouent les pièces des auteurs tels Tchimbakala Goma – le fondateur des Mariens, et bénéficie du soutien et la formation de l’atelier Punta Negra du CCF dont il prendra la direction en 1996. Dès lors, il se lance dans la mise en scène avec pour  première mis en scène « Jusqu'à nouvel avis » de Guillaume Oyono Mbia « Cela m’a fait ressentir plus de responsabilité de concentration beaucoup de réflexion et la quête de l'innovation »

Pierre Claver Mabiala  s'inspire du travail de son maître Jean Pierre Makosso et pour la première fois il quitte le Congo à la faveur d’une tournée au Burkina avec un mono-spectacle sur le texte Alphonce Kimbemebé « la graine d'arachide ». Ce sera le début d’une vie de tournée avec des créations présentées au burkina Faso, benin, Togo Gabon, Cameroun, RDC, France…

Très vite il décide avec ses collègues de créer à Pointe Noire leur propre espace de création. Yaro voit le jour. Les « bivelas » répètent toute l’année pour créer un seul spectacle, «on était tous jeunes,  logés et nourri par la famille. Les fruits du théâtre ne nous faisait pas vivre, on vivait de notre jeune enthousiasme ». Mais plus tard  ajoute-t-il « Yaro nous a permis de jouer nos pièces plusieurs fois par an et d’accueillir des groupes musicaux »  et lance en parallèle une nouvelle aventure, JOUTEC à Loango les journées théâtrales en compagne. « On a cotisé entre nous pour financer l’hébergement pour les artistes de PNR ». Pendant une courte période Yaro bénéfice d'un soutien inattendu et curieux : la maire de arrondissement 4 de Pointe Noire  Loandjili donne à disposition de Taro ses anciens toilettes abandonnés depuis un moment.

 

PCM fait réaménager l'espace pour y installer son bureau et à côté construit un court podium en béton pour ses spectacles et concerts mais cet accueil était de courte duré - aussi tôt la compagne de la municipalisation accéléré était lancé – Yaro est chassé de la commune et s'installe juste en face et commence à payer location.

Puis naitra rapidement le festival Émulation théâtrale dans le milieu scolaire qui a permis de monter de petites troupes dans les écoles. Sa rencontre avec un autre combattant de la culture africaine, le centrafricain Vincent Mambanachaka fondateur de l’Espace Linga Tère à Bangui lui permet d’apprendre le mécanisme pour monter les dossier pour obtenir subvention pour les organisme comme la Francophonie ou Africalia.

Espace Yaro commence alors  à héberger les groupes de musique pour les encadrer et accompagner  leur dossier. Espace Yaro fait désormais  une programmation musicale et en 2005 PCM lance le festival musical N'SANGU NDJI NDJI « Ponton c'est une ville cosmopolite et le festival c'est notre vision artistique mais aussi politique. A travers la musique on essaye de renforcer le dialogue entre les coutures dans une ville cosmopolite ou les communautés qui viennent de partout cohabitent et subissent un choc culturel ».

au cours de 10 éditions N'SANGU a fait venir à Ponton les artistes kenyans Makadem et Winyo le sénégalais Omar Pene,le  camerounais Black Roots, les béninois H2O, les guinéens l'Espoir de Corontie. Cosmopolite Pierre Claver n’a jamais n'a jamais quitté le quartier de  Loandjili. En en 2012 l’infatigable combattant de la culture lance au Congo le réseau panafricaine ARTERIAL déjà actif dans 40 pays. Pierre Claver Mabiala est élu président d'Arterial au Congo « Arterial fait du  lobbing au prêt de gouvernements, mécènes et partenaire privés. La coopération culturelle qui a soutenu les opérateurs culturels africains pendant des décennies s’affaiblis derniers années. On doit trouver le financement sur le continent ».

 

 « Je consacre ma vie entière aux créations et à la promotion des arts dans ma ville natale Pointe Noire. Ma ville c'est mon pays. Je me définis comme acteur culturelle, mais je regrette de passer beaucoup plus de temps aux taches administratives, formation et le travail sur les dossiers. J'ai trop peu de temps pour jouer et mettre en scène », « Si on avait accès au financement public j’abandonnerais le bureau et me consacrerais entièrement au jeu et à la mise mise en scène. Je vis très modestement par rapport à mes revenus personnels »

« Avec mes cachets de formation dédiée aux entreprises privés je finance à 80% le fonctionnement de l'espace Yaro. Je m'endette et j’hypothèque ma vie pour tenir début les activités de Yaro.  Je ne sais pas pendant combien de temps j'arriverai encore à me battre. »

« Depuis la création de JUTEC et N'SANGU , je dépose chaque années les dossier au Ministère de la cu mais jamais j'ai eu une réponse ; en 2013 la mairie de Pointe Noire pour la première fois a participé au financement du financement du N'SANGU avec 2 millions à 4% du budjet mais cet année à cause des elections local leur budget est suspendu »

« PCM ne mâche pas ses mots dans ses interventions au débat publique. Il dépeuple la situation des artistes au Congo, un des pays plus riche du ontinent , où les artiste ne vivent pas dignement. » ; «  je ne sais pas combien de temps j'arriverai encore à me battre, mais j'irais jusqu’au bout ! Je suis un ancien combattant de la culture de Ponton ! »

 

Meryll Mezath