Les femmes semblent de nos jours décidées à briser le mythe car elles sont de plus en plus nombreuses à exercer des métiers jadis "réservés" aux hommes. Les cas de Raïssa Moussavou, chef d’un atelier de soudure et de plomberie à Dolisie, de Staelle Ekamba, électricienne et de Novie Mbizi qui est receveuse dans un bus de transport en commun à Brazzaville. Ces femmes ont compris que pour gagner leur vie, elles ont doivent effacer tout complexe et faire preuve de courage et de sérieux dans le travail.
Raïssa Moussavou, la trentaine, est chef dans un atelier de soudure et de plomberie au Centre de formation professionnelle « Sala Ngolo » de Dolisie. Très admirée par son entourage, Raïssa exerce un métier qui lui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. « Plus jeune, j’allais faire électricité en venant au centre en 2003. Arrivée ici, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas l’électricité. J’étais obligée de faire la soudure et la plomberie. Mes parents se sont opposés et ils m’ont envoyée faire l’informatique alors que cela ne m’intéressait pas », explique-t-elle. Dans l’exercice de sa fonction, Raïssa Moussavou entretient de bons rapports avec les apprenants. Taille moyenne, et superbe dans sa combinaison bleue, Raïssa Moussavou reste appliquée dans son travail. Surtout quand il s'agit de donner des orientations pour la fabrication d’un portail à la dizaine d'apprenants de première année de soudure et de plomberie au Centre de formation professionnelle de Sala Ngolo, situé au quartier Baloumbou.
Comme Raïssa, Staelle Ekamba est la seule femme électricienne parmi la centaine d’employés d’une société d’éclairage public. Célibataire et mère d’un enfant, Staelle est appréciée par son entourage et ses parents. « Mes parents sont fiers, surtout mon père qui avait choisi pour moi cette option depuis le collège. Je suis allée jusqu'en Terminale pour apprendre et, depuis lors, je suis électricienne au sein de la société EGET qui m’a recrutée à Brazzaville avant de m’envoyer à Dolisie pour l’électrification publique dans le cadre de la municipalisation », a fait savoir Staelle Ekamba avant de poursuivre : « J’ai toujours rêvé de repartir sur le banc l’école pout approfondir mes connaissances dans le domaine de l’électricité afin de devenir ingénieur ».
Autre exemple rare : Novi Mbizi qui est l’une des premières femmes à Brazzaville à exercer le métier de contrôleur de bus. Après avoir mis un terme à son parcours scolaire alors qu'elle était en classe de 4ème, faute de soutien financier, la jeune femme a exercé divers métiers pour nourrir ses deux enfants. Finalement, elle a opté pour devenir "contrôleuse de bus" c'est-à-dire cette personne chargée d'orienter les passagers sur l'itinéraire emprunté et de recevoir la recette.
Très appréciée, certains de ses collègues hommes la préfèrent autres hommes. Selon eux, elle joue bien son rôle et atteint le seuil en matière de recettes journalières. Très dévouée dans son travail, Novie est épaulée par sa famille. Lionel Teddy, son frère aîné, respecte son choix. « Je pense que certaines personnes sont sous informées car avec le temps les choses changent », reconnaît-elle.










