Numéro spécial Francophonie : entreprendre dans les technologies pour préparer le monde de demain

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Mardi, Novembre 11, 2014 - 16:45

Alors que l’OIF se prépare à élire à Dakar son nouveau président, Vérone Makou livre aux Dépêches de Brazzaville ses réflexions sur les mutations en cours dans le monde avec un vœu : faire du continent africain une terre de technologies. Témoignage

Après un court séjour aux États-Unis, j’ai été invité à intervenir devant divers auditoires à Bruxelles, Lille et Paris avant de regagner Brazzaville. L’intérêt des rencontres que j’ai vécues et des débats auxquels j’ai participé, avec des personnalités des cinq continents, pourrait tenir en une formule : entreprendre pour préparer le monde de demain. Alors que l’OIF se rassemble à Dakar, c’est un dessein que l’organisation devrait s’assigner comme priorité.

L’Afrique bouge, et nous pouvons si nous nous en donnons les moyens faire que notre continent soit au rendez-vous de l’émergence. Cela implique la mobilisation de toute la société et non de s’en remettre uniquement à l’État. Le secteur privé a un rôle prédominant à jouer dans le développement. Il est seul créateur de richesses et d’emplois.

Entre 2000 et 2050, la population va passer de 6 à 9,5 milliards d’êtres humains ; et le PIB va quadrupler, soutenu par la croissance des pays émergents. Cette augmentation de la population ne doit pas être source de déséquilibres mais considérée comme une opportunité. Nos ressources naturelles ne sont pas illimitées, et un jour se posera la question : que faire après ? L’une des réponses est d’investir dans les nouvelles technologies.

La révolution internet et le développement du numérique ont entraîné de profonds bouleversements. À l’avenir, d’autres mutations vont intervenir qui vont se traduire tant en termes de produits, d’applications et de services. Ce défi du numérique et des technologies ouvre l’ère de la nouvelle économie, et nous en voyons déjà les prémices. Il concerne tout le monde, la société civile (citoyens et entrepreneurs) comme les États.

Faire de notre continent africain une terre de technologies impose de relever un autre défi, celui de l’éducation. Éduquer, former sont les seuls moyens de permettre à certains de nos concitoyens, en particulier les jeunes, d’être en capacité d’entreprendre. C’est aussi la seule possibilité de créer des emplois et de réduire les inégalités. Au-delà, il nous faudra organiser la formation tout au long de la vie pour permettre de répondre au mieux à l’évolution des qualifications et des compétences qu’exigent les progrès technologiques et les mutations à venir.

Ces opportunités offertes à de jeunes entrepreneurs existent. C’est le sens et la vocation du Bantuhub, un espace de co-working et d’émulation que j’ai créé à Brazzaville et qui devrait faciliter l’émergence de start-up au Congo. Dans le numérique et les nouvelles technologies, si une personne est passionnée et qu’elle possède des connaissances le champ de tous les possibles lui est ouvert. À elle alors d’entreprendre, de créer son entreprise et de construire l’économie de demain.

En l’Europe de l’Est, on dénombre 135 000 entreprises privées, 230 000 en Asie du Sud-Est, et seulement 26 300 en Afrique. Nous avons l’ardente obligation de relever le défi de l’entrepreneuriat, et comme le dit un ancien proverbe chinois : « Ceux qui pensent que l’on ne peut pas y arriver devraient s’ôter du chemin de ceux qui le croient ! »

Vérone Mankou, âgé de 28 ans, est le président-directeur général de VMK, une entreprise congolaise créée il y a cinq ans, connue pour avoir mis sur le marché la première tablette tactile conçue en Afrique en 2011. Vérone Mankou a été classé en 2013 par le magazine Forbes parmi les trente meilleurs entrepreneurs de moins de trente ans en Afrique, puis en 2014 parmi les vingt bâtisseurs de l’Afrique de demain

Vérone Mankou