Dans le district de Djambala, les populations autochtones avancent vers l’intégration culturelle et sociale. Selon les autorités publiques de cette localité cette année les effets de ce timide progrès se font sentir par le fait que quelques femmes et hommes autochtones commencent à se faire soigner dans les hôpitaux et leurs enfants vont à l’école. Ce pendant, pour les autochtones eux même il reste encore l’intégration économique. Celle-ci va les aider à se prendre en charge au quotidien.
Les huttes éparpillées dans l'herbe sont ici majoritaires. A peine peut-on compter trois maisons en briques avec des toits en tôles. Mais, même devant ces habitations moins précaires des tonneaux sont placés pour recueillir de l'eau de pluie… Telles sont les conditions de vie des autochtones a Djambala, localité située au nord de Brazzaville. Bien que de façon timide, cette population a commencé à changer sa mentalité en allant à l'hopîtal pour des soins de santé.
Nyptia est une fille autochtone âgée de 18 ans. Elle habite le quartier Ngoulayo à 400 mètres seulement du stade de Djambala. Cette jeune mère avait un téléphone portable et était coiffée d’un tissage. Parlant très bien lingala, elle nous a confié qu’elle a donné naissance à son enfant à l’hôpital Centrale de Djambala sans être discriminée. Elle a été bien reçue par les sages femmes qui lui ont remis une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Chantale Andzouli une autre fille confirme cette intégration sanitaire « malgré notre pharmacopée traditionnelle, nous allons désormais à l’hôpital. Quand l'une d'entre nous est enceinte, elle va au centre de santé intégré pour la pesée. Il n'y a aucune différence entre femmes bantoues et autochtones. Nous sommes dans une même salle d'accouchement et on nous donne à tous un lit équipé d'une moustiquaire. »
A Djambala, la lutte contre les discriminations a surtout progressé dans le domaine de la santé. "Nous n'avons pas de problèmes à l'hôpital. On nous reçoit bien et on nous donne gratuitement des médicaments. Les infirmiers savent que nous n'avons pas d'argent", explique Naïse Lamafou. Et l’intégration culturelle s’explique par le fait que certains enfants des autochtones vont à l’école et d’autres possèdent des actes de naissance. Ce petit changement de mentalité des autochtones dans le domaine socio culturel est bien reconnu par certaines autorités de ce district. Germaine INKO est directrice départementale de l’intégration de la femme au développement. Elle soutient que par rapport aux années antérieures les peuples autochtones ont fait un pas vers l’intégration. « Cela fait une petite évolution ces derniers temps. Elle participe aussi à certaines manifestations publiques. Surtout avec les jeunes filles, elle peut bien se dresser et s’habiller également ».
Malheureusement dans le district de Djambala, les avis sont différents sur la question de l’intégration des peuples autochtones. Certains citoyens pensent que nos frères et sœurs autochtones ont encore des choses à améliorer dans leur vie pour parler d’une véritable intégration. « Nos amis autochtones ne respectent pas les règles d’hygiène. Pendant les périodes de fêtes ils sont joyeux avec leurs nouveaux habits. Mais après la fête ils ne gardent plus qu'un habit sur eux. Le reste ce n’est plus leur affaire. Les jeunes filles se font des tresses et peuvent les garder quatre mois durant. Quant à leurs marmites, on n'y fait pas confiance », a indiqué Henry un citoyen qui côtoie beaucoup les autochtones.
Pour subvenir à leurs besoins quotidiens, les autochtones se débrouillent comme ils peuvent. Ils coupent du bois de chauffe, ramassent des chenilles et font des champs, mais sur des surfaces très réduites. Leurs recettes sont donc insignifiantes. "Nous cueillons aussi des feuilles pour emballer le manioc que nous vendons au marché. Nous gagnons 1 000 à 2 000 Fcfa par jour", précise une fille autochtone. Chantale Andzouli estime que ces sommes ne peuvent pas garantir leur autonomie ».
« Nous ne travaillons pas dans les petits chantiers comme les bantous. Nous n’avons pas de petits boulots. Et avec quel argent allons-nous construire des maisons ou nous prendre en charge » s'indigne un jeune autochtone. IMFOULABI est le chef du village des autochtones. Prenant la parole en langue téké, il reconnait que l’on ne peut pas parler d’intégration économique des autochtones dans ce district. Car selon lui les jeunes de sa population manquent d’emploi. Ce qui est un frein a leur intégration économique. Pour trouver une solution à ce problème, il propose que «Les autorités publiques intégrent les jeunes autochtones dans les chantiers de construction. L’argent qu’ils vont gagner dans ces activités peuvent leur permettre de se prendre en charge.
En dépit de la loi n°-5-2011 du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones au Congo, ces peuples sont toujours victimes de discrimination sociale. Naïse Lamafou confie : "Quand je vends de la tomate ou l'oseille au marché, certains Bantous disent que nous sommes sales, exhalons de mauvaises odeurs et donc tout ce que nous vendons devrait d'abord être bien..."










