Libre format : Quand les femmes handicapées luttent pour leur autonomie

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Vendredi, Février 27, 2015 - 15:45

De nombreuses femmes handicapées s’illustrent, seules au quotidien, dans l’exercice des activités génératrices de revenus. Refusant d’être un fardeau pour leurs parents, elles se battent pour leur indépendance économique.

 

Femmes battantes,  mères de familles, ces femmes  exercent  de petits commerces et d’autres activités lucratives qui leur permettent  de se prendre en charge. Maman Maguy est une femme handicapée moteur. Dans la quarantaine, elle crée des produits artisanaux depuis 2005. Des  paniers et sacs  en nylon, des tricots et des draps en coton. «Je me bats dans l’exercice de mes activités pour subvenir à mes propres besoins et à ceux de ma famille.  Avec mes revenus, je peux acheter mes pneus et je paie aussi mon loyer. Les bénéfices de mes activités m’aident énormément à gérer au mieux mon quotidien ».

Sans attendre l’aide d’un quelconque parent ni des autorités, bon nombre de ces femmes handicapées mènent une vie normale. Madeleine vend le gnetum africain (appelé communément  par les Congolais mfumbu en kituba et coco en lingala) au marché de Nkombo situé dans le neuvième arrondissement de Brazzaville. Cette handicapée motrice est mère, célibataire, avec deux enfants à charge. «  Aujourd’hui avec mes recettes journalières, je peux bien vivre avec mes deux enfants et assurer mes soins de santé. Grâce à mon commerce, j’ai construit  deux maisons que j'ai mises en location. ».

Malgré leur motricité réduite, ces femmes se battent pour apporter un plus dans leur foyer. Leur dignité acquise, certaines d’entre elles  sont respectées par leurs conjoints. « Mon mari me respecte du fait que je contribue à la popote du foyer », lance Albertine, handicapée motrice et vendeuse du vin local  à Pointe-Noire.

Chantale, sourde muette, est mariée et mère de trois enfants. Battante, « l’argent que je gagne me permet de subvenir aux besoins de ma famille et de faire quelques économies », dit celle qui vend des beignets à la farine de blé et à la banane au quartier OCH de Pointe-Noire. Son indépendance économique acquise lui permet d’apporter sa contribution dans son foyer.

Germaine, une autre femme handicapée physique assure la scolarité de ses enfants en cultivant des  champs de maïs et des maniocs dans le district d’Ignié, dans le Pool nord. « Avec mes économies, je peux bien résoudre certtains problèmes sans attendre l’arrivée de mon mari. C’est ce qui me donne  le droit  de mériter le respect de mon mari ».  

Malgré cette bataille pour leur autonomisation, ces vaillantes femmes handicapées sont souvent victimes d’injustices sociales. Certaines sont marginalisées à cause de leur handicap. « Certaines personnes pensent que nous ne valons rien. Car dans les administrations, ces personnes  les gens ne nous prêtent pas attention »,  souligne  Philomène.

 

 

 

  

Flaure Elysée Tchikaya
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