La couleur de l’écrivain, le dernier livre de l’écrivain togolais Sami Tchak paru aux éditions La Cheminante sera au centre d’un débat sur le stand Livres et Auteurs du bassin du Congo.
Les Dépêches de Brazzaville : Dans votre dernier livre, La couleur de l’écrivain, vous questionnez à force de réflexions diverses le monde des écrivains et leurs diverses quêtes. Quel peut être aujourd’hui le rôle social des écrivains face aux mutations du monde actuel où la liberté d’expression s’invite de plus en plus dans les débats intellectuels ?
Sami Tchak : La question sur le rôle social des écrivains comporte en général sa réponse : les écrivains jouent un rôle social. Mais est-ce une chose aussi sûre que ça ? Les écrivains luttent dans, et avec, le contexte politique de leur société pour pouvoir s'exprimer avec le plus de marge possible mais la question de la liberté d'expression, qui s'est toujours posées, déborde largement leur domaine. Et je ne suis pas sûr qu'ils soient les mieux placés pour en améliorer la compréhension, ni pour la garantir. Je ne pense pas que l'on puisse répondre à cette question mais il appartient à chaque écrivain, à partir de ses pratiques, de ses actions, de ses réflexions, de définir, de cerner son propre rôle, qui dépend aussi, en partie de ce que les autres en font...)
Comment avez-vous pensé ce livre La couleur de l’écrivain ? Et pourquoi avoir choisi de parler particulièrement de l’écrivain ?
La couleur de l'écrivain est né d'une réflexion personnelle sur le monde littérature à partir de mes observations et à partir de ma propre écriture. Un retour sur moi-même, puis sur les autres, proches, lointains dans l'espace et dans le temps. Ce livre peut être considéré à la fois comme un bilan ou comme une manière de fixer le cap. Je me suis livré à un exercice classique auquel nos aînés, dans l'espace africain, ne se livraient pas suffisamment, mais qui devient fréquent de nos jours. Je pense à Nimrod, à Léonora Miano, pour ne citer qu'eux qui ont aussi publié des livres de réflexions sur l'écriture, sur la littérature).
Les œuvres littéraires contemporaines : c’est-à-dire issues de notre époque faite de révolution, d’attentat, de déchirement et de réalités dès fois tragiques…Ont-elles fait naître de nouvelles de formes de relations à l’écriture et aux lecteurs ?
Je pense qu'à chaque époque les écrivains tentent de trouver des formes plus adaptées à leur besoin de dire les tragédies dont ils sont les témoins directs ou indirects. Nous ne vivons rien de plus tragiques que les guerres de décolonisation, que la colonisation, que la première guerre mondiale, que la guerre du Biafra, etc. Mais ce que nous vivons renouvelle en nous des inquiétudes que nous tentons d'exprimer avec une certaine originalité. On tente de faire, de dire autrement mais le désir de renouvellement en littéraire est un défi. Le relever n'est pas toujours évident.
Dans un certain nombre de vos ouvrages dont les Filles de Mexico, l’espace latino-américain est très récurrent. Ce choix se voit aussi chez Tierno Monénembo ou chez Sony Labou Tansi. Qu’est-ce qui pousse les auteurs francophones d’Afrique, comme vous, à se nourrir des imaginaires de cette région du monde si lointaine géographiquement ?
Il me serait difficile de répondre de façon générale à cette question. Personnellement, je ne crois pas que je me serais intéressé à l'Amérique latine si je n'avais pas eu l'opportunité de séjourner dans des pays comme Cuba et le Mexique d'abord, pour ensuite découvrir des littératures qui m'ont directement parlé. Je pense que l'on pourrait lire avec intérêt l'article que Florence Paravy, de l'université de Paris Ouest-Nanterre a consacré en 2011 à cette question; Elle y analyse les démarches et les déclarations de trois écrits africains : Sony Labou Tansi, Tierno Monénembo et moi-même.
À suivre sur le stand LABC
Les rêves avec des mots, du son et du slam à la clé !
Présentation d'auteurs et des extraits de leurs ouvrages en les interrogeant sur leur rapport à l’écriture.
Avec cinq auteurs des éditions La Cheminante : Sami Tchak (« La Couleur de l’écrivain »), Charline Effah (« N’être »), Hemley Boum (« Les Maquisards ») et Mamadou Mahmoud N'Dongo (« Empty »).
Modérateur : Antoine Houlou Garcia, écrivain et poète.










