Festival : N’Sangu Ndji-Ndji 2015, une réussite

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Jeudi, Juin 11, 2015 - 12:30

La 11è édition du festival «N’Sangu Ndji-Ndji» (fête à Pointe-Noire en langue vili), ouverte le 03 juin, s’est achevée dimanche dernier sur une note positive en laissant le public sur sa faim.

«Tout est bien qui finit bien », déclarait Pierre Claver Mabiala le 07 juin, à l’issue de la cérémonie de clôture du onzième festival N’Sangu Ndji-Ndji. Le responsable de l’espace culturel Yaro et directeur de N’Sangu Ndji-Ndji a eu de bonnes raisons de se féliciter du déroulement du festival. Ceci, en dépit des difficultés de toutes sortes. On citera la faible implication des partenaires qui ont évoqué des ennuis financiers (chute des cours du pétrole par exemple). Pourtant, l’espace Yaro a pu regrouper, à Pointe-Noire, grâce à un fort appui de l’ambassade de France, son fidèle partenaire, tous les treize groupes attendus au onzième N’Sangu Ndji-Ndji.

Si Adam Gounour dit Oumar et ses deux compagnons du groupe franco-nigérien Ezza a « emmené les spectateurs complètement dans le désert » par ses chansons dont «Tiwiti » (manière de faire une déclaration d’amour à une femme), les Jamaïcains Winston Mc Anuff et Fixi ont prouvé qu’ils étaient bel et bien sur les traces du roi du reggae, Bob Marley. D’autres étrangers comme Mina Agossi (Bénin-France), Élisabeth Kontomanou (Grèce-France-Guinée) ont apporté aux Ponténgérins toutes leurs trouvailles musicales.

Ces artistes, qui ont franchi des océans, ont aussi goûté aux délices de la rumba à travers des prestations du groupe K Musica de Pointe-Noire. Le folklore vili (ethnie dominante à Pointe-Noire) était aussi au rendez-vous avec le groupe « Bane B’siane). Mais, au Congo-Brazzaville, on pratique aussi la world music. Le cas de Botter, Kavla, Dioffel et Les Prestigieux de Dolisie. Grâce à la troupe Ipala pala de Pointe-Noire, les adeptes du théâtre se sont bien régalés de « La parenthèse de sang », une œuvre de Sony Labou Tansi, dramaturge congolais décédé en 1995.

Une fois de plus, l’espace a pensé à la formation des jeunes congolais aux métiers artistiques et culturels. Ainsi le festival a accueilli des ateliers Slam et théâtre organisés à l’Ifc, l’espace Yaro et au Centre culturel Jean Baptiste Tati-Loutard. Seul regret : la trable ronde qui n'a pu se tenir à cause des troubles qui ont suivi l’annulation des épreuves du bac. Autrement, elle aurait davantage renseigné le public sur les plus importants discours du premier parlementaire congolais, Jean Félix Tchicaya.

Des prestations appréciées par les adeptes qui assistaient aux activités de N’Sangu Ndji-Ndji. «Ce n’est pas en vain que ce festival s’appelle N’Sangu Ndji-Ndji. En y assistant pour la première, je réalise que c’est vraiment la fête. Ici, tout le monde trouve son compte en matière de goût. La musique traditionnelle, le reggae, la world music, etc., c’est une diversité qui ne peut que nous arranger en tant que public surtout que c’est gratuit », se satisfait Nicolas Barberan, un Français résidant à Pointe-Noire.

D’autres ont cependant déploré la faible fréquentation de cette édition par rapport à celle de l’année dernière. «L’année dernière, le jour de la clôture, il y avait un monde fou ici au centre Tati-Loutard. Mais, aujourd’hui, c’est un peu timide », a relevé Régis Mianseko, acteur culturel. Et d'ajouter :  «L’autre problème est qu’il y a plus de Blancs que de Congolais aux activités de N’Sangu Ndji-Ndji. Ce n’est pas trop la faute des organisateurs. C’est la preuve que les Congolais accordent de moins en moins d’importance aux activités culturelles édifiantes ».

Des failles que l’espace Yaro entend corriger. «Jusqu’ici, c’est le combat que nous menons : mobiliser davantage de monde », a indiqué Pierre Claver Mabiala.  

 

 

 

 

John Ndinga-Ngoma
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