Ce malvoyant est devenu le premier étudiant en 2002. Malgré les difficultés rencontrées dans son parcours universitaire, Rostand Christel Sita était très déterminé à poursuivre ses études supérieures jusqu’à ce qu’il a obtenu une Maitrise en Sciences et Technique de la Communication en Option Documentation. Grace à ce diplôme, il occupe aujourd’hui le poste de chef du bureau de la scolarisation au Ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire. Il nous relate les difficultés rencontrées dans son parcours universitaire.
Marié et père de deux enfants, Rostand Christel Sita est un véritable combattant. Ce malvoyant était très déterminé à réaliser son rêve scolaire celui d’obtenir des diplômes universitaires comme certaines personnes valides. Âgé de 39 ans, Rostand Christel Sita s’est battu pour devenir le premier étudiant aveugle en 2002. Pourtant, son entrée à l’université Marien-Ngouabi n’était pas un exercice facile. « C’était vraiment compliqué de faire les études universitaires à l’époque, dans notre pays, en tant que malvoyant. Car, j’étais de la troisième promotion des bâcheliers de l’Inac. Mes amis qui ont eu le bac avant moi n’ont pas pu accéder aux études universitaires, malgré leurs efforts. Les responsables de l’université leur disaient qu’il manquait des filières spécifiques pour les personnes aveugles. À mon tour, je n’ai pas croisé mes bras et je me suis dit que rester à la maison c’était perdre tout mon temps. J’ai créé des situations en secouant les autorités de l’université jusqu’à ce qu’elles m’ont signé la note me permettant de faire mes cours à l’université le 10 octobre 2002. »
« Malheureusement, le chef de département de notre époque me dira que je ne pouvais pas faire les études en Sciences et Technique de la Communication (STC). J’ai insisté pour rencontrer le doyen de l’université qui m'a accepté. Car, pour lui, j’étais le premier aveugle à parvenir pour la première fois aux études universitaires. »
Malgré sa détermination, ce vaillant soldat a été choqué par le comportement de certains enseignants. « À cause de mon défaut visuel, certains professeurs ont manqué le sens d’humanisme » a-t-il dénoncé. Ainsi pour continuer son cursus universitaire, Rostand Christel Sita a surmonté cette difficulté grâce au soutien de ses amis valides. « J’ai commencé avec mon transcripteur. Je me suis dit que je dois arriver jusqu’à la maîtrise. Si les valides obtiennent de gros diplômes, moi aussi je vais atteindre ce niveau...».
C'est depuis 2008 qu' il a réussi à arracher sa maîtrise. Aujourd'hui, il occupe le poste du chef du bureau au ministère des Affaires sociales. "La vie appartient à ceux qui luttent ", reconnaît Rostand. Bref, conclut-il : « Je veux faire ce que j’ai appris à Marien Ngouabi : devenir un journaliste comme je le disais souvent à ma mère ».










