Le photographe et vidéaste Kiripi Katembo Siku expose sa série photographique, « Un regard », parmi quarante et un artistes congolais (RDC). L'évènement se tient à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, jusqu’au 15 novembre 2015. L’auteur de la photographie illustrant l’affiche de la 67e édition du festival d’Avignon, il y a trois ans, répond aux questions des Dépêches de Brazzaville.
Les Dépêches de Brazzaville : Pouvez-vous nous renseigner sur votre parcours ?
Kiripi Katembo : Je suis originaire de la ville de Goma (RDC) où je suis né en 1979. Formé à l’Académie des Beaux arts de Kinshasa, c’est par la peinture que j’ai débuté ma carrière artistique avant de me consacrer à la photographie et à la vidéo. Après un workshop organisé par l’académie des Beaux- arts de Kinshasa, en collaboration avec l’école des arts décoratifs de Strasbourg, je me suis ouvert à la vidéo et j'ai réalisé "Voiture en carton", un film expérimental avec une caméra de poche. Celui-ci participe en 2008 au Festival Pocket Film au Centre Pompidou à Paris. Depuis, mes œuvres recueillent une certaine visibilité lors des événements internationaux, tels que les Rencontres de Bamako, les Rencontres d’Arles, la Biennale de Venise, la Berlinale…
L.D.B : Ta série exposée à la Fondation Cartier est intitulée « Un regard ». Pourquoi ?
K.K : Ce sont des portraits des paysages urbains de la ville de Kinshasa. Chaque photographie de la série est évocatrice de l’histoire de mon pays, à travers bien sûr mon regard. C’est une construction photographique qui met en évidence la poésie et la brutalité de notre environnement. Cette série date de 2009 et depuis, elle a été exposée au musée national de Kinshasa (une exposition commune du collectif Yebela), à la première biennale de la photographie Afrikaribu, au KVS de Bruxelles, la biennale Picha.
L.D.B : Votre travail est assez proche de la peinture ?
K.K : C’est évident que le côté pictural est assez présent dans ma démarche. C’est ma signature. Je ne me suis consacré à la photographie et à la vidéo qu’à l’âge de 27 ans. Très tard ! C’est la peinture qui m’a amené à la photographie.
L.D.B : Vous êtes organisateur de la première biennale d’art à Kinshasa…
K.K : La biennale Yango est une plateforme des expressions artistiques et culturelles du Congo- Kinshasa. La première édition s’est tenue du 27 octobre au 29 novembre 2014, à Kinshasa. Yango est un rendez-vous artistique et culturel de nos arts dans la diversité de ses expressions. C’est une sorte d’arbre à palabres d’où les arts convoqués, dialoguent entre eux.
L.D.B : Quels sont tes projets photographiques, en cours ?
K.K: Actuellement, je travaille sur les scarifications, tatouages, piercings…comme l’un des axes de notre mémoire ou de sa transmission. Par ailleurs, je continue d’accompagner des réalisateurs comme Dieudo Hamadi concernant leurs projets.










