Société : Diane Mayouma, une handicapée au chevet des autres

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Mercredi, Août 5, 2015 - 21:15

Chargée  des affaires sociales au sein de l’association Handicap sans frontière, Diane Mayouma est devenue handicapée à la suite d'un accident de circulation.  Aujourd’hui , elle se bat  pour apporter son soutien matériel et financier aux  personnes vivant  avec handicap  évoluant dans sa structure.  Son objectif : rendre ces personnes  autonomes. 

Du haut de ses 42 ans, Diane Mayouma est une femme battante. Mère Célibataire, elle devient handicapée en 2002.  Si cette tragédie lui a coûté  son pied droit,  Diane Mayouma garde  sa tête haute. Désormais elle se consacre aux côtés d'autres membres de l’association Handicap sans frontière où elle est chargée des affaires sociales. 

Déterminée à mener cette lutte, Diane Mayouma  explique les  raisons de sa  motivation dans cette bataille : « Je ne suis pas née invalide.  En étant  dans cette condition vulnérable, je me suis battue  pour avoir une prothèse. Ce qui me  permet  de me  déplacer  pour  effectuer mes courses. C’est en ce moment que  j’ai constaté que la personne vivant avec  handicap  était moins considérée dans la société.  Bon nombre d'entre eux vivent dans des conditions  difficiles. C’est ce qui  m’a permis  de créer une association pour aider ces personnes à trouver  des solutions à leurs difficultés»

Ainsi, pour apporter son aide aux vingt-trois membres invalides de son association, elle n 'hésite pas à bousculer certains ministères.  Novice dans  ce monde associatif, elle a déjà remporté quelques victoires. « Nous  avons également fait un plaidoyer auprès de quelques partenaires. Ce plaidoyer  nous  a permis d’obtenir  un don composé de plusieurs articles. Aujourd’hui je continue à frapper la  porte du ministère  des Affaires sociales  pour obtenir  un tricycle  à une  femme de l’association qui a passé  déjà une année à la maison faute de moyen de déplacement », a-t-elle fait savoir.

Et pendant qu'elle multiplie ces efforts en faveur des autres, elle regrette les préjugés dont elle est victime au quotidien : « Parfois certains enfants viennent soulever mon pantalon pour voir si réellement mon pied est amputé ». Mais au sujet de son combat, dit-elle, «ma bataille n’est pas facile pour obtenir à ses personnes des aides multiformes. C’est vraiment difficile de nous  ouvrir les portes.  Actuellement  l’association vit des financements propres de certains membres.  Ainsi  nous demandons de l’aide  matérielle comme des machines à coudre aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour assurer la sécurité des personnes invalides qui ont surtout un métier. Car nous avons quelques  membres qui  ont appris la couture. Et ces machines peuvent nous aider  à créer des ateliers de coutures. »

Très engagée dans cette cause, cette femme est obligée d’utiliser des bénéfices de son petit commerce pour  faire face  aux frais de transports  et  à certaines situations des membres de son association. Malgré quelques obstacles rencontrés  dans cette bataille, Diane Mayouma demeure déterminée pour aller jusqu’au bout de son ambition. « Je veux devenir une femme entreprenante.  Surtout, j’envisage de créer une entreprise  pour embaucher des personnes valides et invalides », a-t-elle conclu.

 

 

Flaure Elysee TCHICAYA
Légendes et crédits photo : 
Diane Mayouma
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