Art plastique: Diane, une artiste engagée

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Mercredi, Août 19, 2015 - 15:30

Diane scholastique Miangounina est une artiste plasticienne. Prix d’excellence en arts et métiers en France, prix du meilleur stand au Festival du pagne et du tissu africain au Congo, et titulaire du diplôme d’honneur octroyé par le ministère de la Culture et des arts de la République du Congo. Diane n’a cessé de participer à la promotion de la peinture congolaise par le rayonnement de son œuvre. Plus qu’active maintenant, elle peint dans la solitude de son atelier, de nouveaux tableaux en attendant sa sortie du maquis.

Parcours

Au début des années 1990, Diane se fait l’admiratrice de son frère qui évolue à l’école de peinture de Poto-poto. Peu à peu, nait en elle l’idée de devenir peintre comme son frère. En contemplant ses œuvres, elle essaie de l’imiter. Passionnée du dessin depuis sa tendre enfance, Diane se fait remarquer par sa touche spéciale, en dessinant des croquis de SVT dans un collège à Pointe-Noire. C’est en l’an 2000 qu’elle décide de s’inscrire à l’école de peinture de Poto-poto, après le départ de son frère.

Peaufinant son style en le confrontant à celui des autres, l’artiste produit quelques tableaux qui seront exposés dans divers lieux à Brazzaville, Pointe-Noire, Kinshasa, en France et en Suisse. Ses œuvres dénotent un mariage du semi-abstrait avec de l’art contemporain. Œuvres à travers lesquelles elle se propose de lutter pour les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) quand, elle ne s’attaque pas aux scènes de vie courante pour exprimer les richesses du patrimoine congolais. Bref, toute l’œuvre de Diane berce dans l’humanitaire.

La peinture pour Diane, est une écriture, une histoire d’amour avec l’existant, une obsession, une nécessité de participer à l’actualité. Comme toute personne, ou mieux tout artiste, la vie de Diane est émaillée de bons et de mauvais souvenirs. « Les moments les plus précieux, déclare-t-elle, c’est quand j’ai terminé une œuvre, et que je la contemple. C’est là qu’on découvre qu’il y a plus de plaisir à créer qu’à vendre…C’est aussi quand je défends mon œuvre face un public. Surtout quand c’est hors du pays, on se sent investie comme une ambassadrice de la culture congolaise, de toute l’Afrique en général. Particulièrement, l’ambassadrice des femmes. Les mauvais souvenirs sont la perte d’un tableau au cours d’un vernissage, ou certaines restrictions ou pesanteurs autour de soi pour un tableau jugé trop engagé ».

Célibataire et mère de deux enfants, Diane se plaint d'être plus disponible pour son art qu’attentive à ses enfants qui, pourtant, partagent son toit. «Il m’arrive d’acheter les arsénaux dont j’ai besoin pour mes peintures alors qu’au départ je suis sortie pour faire les achats des enfants », dit- t - elle, précisant que "c’est difficile de concilier sa vie d’artiste qui exige assez de temps et beaucoup de solitude, aux devoirs de maternité".

Et l’artiste vit difficilement de sa création. Ici, c’est plutôt les artistes, eux-mêmes, qui luttent pour faire vivre leur art. Les fonds d’appui à la création sont presque inexistants. De même, les galeries, les académies et les musées d’art dignes de ce nom font défaut. Les artistes semblent abandonnés à leur propre sort. « C’est par passion et par vocation que des pionniers des arts plastiques comme Ndinga ou Gotène se sont accrochés jusqu’au bout. Néanmoins il y a aussi de bonnes saisons où des mains encourageantes reconnaissent un talent pour sortir le génie de l’ombre », déclare Diane. Aussi souhaite-t-elle plus de sensibilisation du citoyen lambda aux arts, par le biais des médias, de l’école et des autres initiatives de promotion de la culture.

Propos recueillis par Aubin BANZOUZI
Légendes et crédits photo : 
Diane S. Miangounina devant les chutes de la Loufoulakari
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