Installée dans les locaux de la Direction générale des arts et des lettres, à Bacongo non loin du Cercle Sony Labou Tansi, la Manufacture d’art et d’artisanat congolais (MAAC) a de nouveau ouvert ses portes. À l'origine de cette renaissance, d’anciens artisans de cette structure, soucieux de pérenniser cette activité.
Vases à fleurs, vaisselles, objets de décoration, pièces uniques aux couleurs chaudes remplissent les étagères du magasin de la MAAC qui a récemment repris ses activités, exclusivement concentrées sur la céramique. « S’il est vrai que nous avons repris les activités en 2013, mais elles se faisaient en dents de scie. Mais après l’exposition à l’Institut français qui a réuni des céramistes, ancienne et nouvelle génération, en octobre dernier, je pense que la relance de la MAAC est plus qu’évidente », a expliqué Mamono Gildas Patric, artiste céramiste, chef de service section laboratoire et formation.
Structure artisanale très peu connue des Congolais, la Maac rassemble les artistes indépendants, élèves et étudiants de l’École nationale de Beaux-Arts (ENBA), des stagiaires qui viennent pour des recherches ou parfaire leurs connaissances et bien d'autres artisans soucieux de partager, d’expérimenter et d’enseigner la céramique.
Ici, les élèves sont répartis en plusieurs sections (préparation de la pate, modelage, tournage, décoration et enfournement). « Un céramiste, c’est celui qui connaît toutes les techniques pour arriver à l’objet d’art. Et les sections varient entre 7 à 15 élèves vu que ce sont des structures techniques », commente Mamona. Basée sur la pratique, la formation varie par rapport à la capacité d’apprentissage de chacun. Comme l'explique Mamono, « les débutants ont en général un parcours de quatre ans alors que ceux qui ont un pied dans la céramique mettent trois à six mois de formation. »
Fonctionnaires de l’État dans leur majorité, comme Mamono, les enseignants viennent cependant de tous horizons. « Certains, formés ici, ont ouvert leurs ateliers et reviennent régulièrement pour des échanges, des recherches ou dispenser des cours. On accepte tout le monde, l’essentiel est d’avoir le souci de transmettre...», a révélé l’artiste qui se dit chanceux d’être parmis les encadreurs.
Un nouvel envol que monsieur Mamono Gildas Patrick espère définitif et qui se pérennisera dans la durée. « Depuis la relance de la MAAC en 2013, nous avons eu trois expositions. De plus, quand un élève finit son cycle, celui-ci est sanctionné par une exposition sur place. Mais il arrive souvent que certains étudiants vendent leurs pièces quand des visiteurs s’intéressent à leur travail », a reconnu l’artiste qui a précisé que les frais d’écolage sont fixés à 30.000 FCFA l’année en plus de 5000 FCfa pour les frais d’inscription. Ils servent, entre autres, à l’achat de la matière première qu'est l’argile.
Implantée dans un local derrière la présidence, la Maac voit le jour dans les années 1940. Elle connaît un succès fulgurant avant de sombrer. En 1984, un regain d’espoir se dessine quand la Maac trouve un nouvel espace au sein des locaux de la Direction générale des arts et des lettres. Sa renaissance actuelle réconforte la nouvelle génération qui souhaite tirer profit des doyens et surtout « des enseignements qu’ils dispensent ». Tel est le souhait de Juliette Alurus Nkanza, céramiste, qui exposera d’ici peu au Centre Culturel Russe.










