MASA 2016 : réinventons les arts de la scène

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Vendredi, Mars 18, 2016 - 17:15

L’un des plus grands festivals du continent, le Marché des arts et du spectacle africain (Masa) s'est tenu du 5 au 12 mars 2016 à Abidjan et dans d’autres villes de Côte d’Ivoire.

Durant une semaine, le Masa a transformé la capitale économique ivoirienne, Abidjan en une scène géante. Divers lieux publics ont accueilli des productions de musiciens. Les « allocodromes », restaurant populaire où l’on mange le plat national à base d’« alloco » (bananes plantains frites), étaient réservés aux humoristes.

Le grand Palais de la culture situé au bord de la lagune à Trechville s’est fait pour l’occasion le temple des arts par excellence avec des productions de jeunes artistes et des célébrités.

Depuis sa création, le Masa a été conçu et pensé comme un marché pour faire tourner le spectacle vivant du continent en Afrique mais surtout ailleurs. Créé en 1993 sous la tutelle de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), son but était de donner la possibilité aux diffuseurs et acheteurs de spectacle venus de l'Occident de trouver dans un seul marché les meilleurs créateurs de l'Afrique et donner au public abidjanais un spectacle géant qui embrasse toute la ville.

Des talents à revendre

En 2016, le défi a été relevé. Des centaines de professionnels sont venus de plusieurs pays d'Europe, des Etats-Unis et du Canada prendre part aux show cases et aux deux jours de speed meetings, de brèves rencontres en tête- à- tête, artistes et managers d'un côté et de l’autre entre acheteurs et diffuseurs.

Invité d’honneur de cette édition du Masa, le célèbre pianiste et compositeur, Ray Lema, a offert au public un concert accompagné de jeunes musiciens comme  Freddy Massamba du Congo- Brazzaville dans le cadre de son dernier projet « Esengo ».

Né et grandi à Kinshasa, Ray Lema est l'ancien directeur du ballet National de la RDC. Il est rentré dans l'histoire de la musique africaine moderne grâce à sa collaboration avec des cœurs bulgares, une expérience des plus audacieuses de l'histoire de la musique africaine moderne.

Porte-parole de « La coalition mondiale des artistes pour l'histoire générale de l'Afrique », Ray Lema estime qu’il est nécessaire de donner à la jeunesse « les moyens d'avoir accès à nos cultures. Donnons-lui les moyens de créer et d'amener ses productions à un niveau d'excellence toujours plus poussé qui fera la fierté de tout un continent ». Puis ajoute-t-il, « Quand vous lisez notre histoire dans les livres, vous voyez des choses grotesques. Simplement parce que là où le colonisateur a vu le rouge nous voyons le blanc. C'est à nous de rectifier et réécrire notre histoire ! »

L’édition 2016 du Masa a vu l’arrivée de plusieurs nouveautés. Trois shows cases ont permis de découvrir six jeunes artistes sélectionnés grâce à une initiative lancée par Mamou Daffé, président de Arterial Network Africa et le directeur du festival sur Niger, destinée à donner une chance aux jeunes musiciens. Gaël, les caïmans et le reggaeman Kitio du Congo- Brazzaville étaient sélectionnés aux côtés de la chanteuse congolaise (RDC) Veeby qui réside au Canada.

Enfin, pour la première fois, à l’occasion du 8 mars, le Masa a ouvert le grand plateau aux femmes telles la Camerounaise Charlotte Dipanda et la Béninoise Zeynab.

 

 

 

Sasha Gankin
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