Tressé dans une toile faite de haines tribales, de souffrances physiques et morales, d’exil forcé ou volontaire, d’ambitions bien ou mal dirigées, des apparitions de la sainte vierge, ce roman est une ode à l’amour d’une fille à son propre père et du père à sa terre natale.
Une histoire où une famille de l’ex-Yougoslavie du maréchal Tito se retrouve sous les feux de la guerre orchestrée par des assoiffés du pouvoir. Dans les années 90, cette famille meurtrie recherche dans le genre humain le résidu d’amour qui lui reste, dans un stoïcisme sans égal marqué par une pointe de nostalgie.
Mostarghia, une pathologie sournoise incurable qui frappe les habitants de la ville de Mosthar chère au père de Maya et les empêche d’explorer d’autres horizons, fussent-ils flatteurs. Un style absolument somptueux, réunissant tous les ingrédients d’une belle prose, rehaussé de citations, caractéristique des âmes élitistes. Roman presqu' autobiographique où l’imaginaire se fond au vécu pour créer une pépite littéraire. D’une plume franche, il est conçu de chaudes larmes d’une guerre civile, fratricide qui a vu le pays fractionné en six micro États.
Il exprime la vie en exil faite de ses oripeaux qui font un pied de nez à la culture originelle d’un peuple. Également, il fait l’éloge de l’île de Cuba et de son leader éclairé Fidel Castro.
De l’amour de l’art, de la philosophie, de la lecture qui sont les outils formateurs de l’auteure. Ceci, sans oublier le mythe de l’apparition de la sainte vierge Marie qui, dans une ratiocination maladive, est devenue un lieu de pèlerinage pour les adeptes du catholicisme romain. Le personnage de Nemad l’éclaire de son aura et de sa capacité de résister à toute culture étrangère à la sienne.
Un clin d'œil affectueux à Safia, la deuxième épouse du disparu guide libyen, Mouammar Kadhafi, ainsi que de belles expressions, de bons mots à la Paul Éluard qui réveillent l’instinct amoureux, tel « mayita, ma vie ,(...) , tu es la lumière de ma vie. Mon oxygène et ma raison d'être ». Un roman absolument merveilleux pour clôturer ses vacances. Maya Ombasic signe avec Mostarghia aux éditions VLB










