Aller à la découverte de l’univers, faire des études de qualité dans les meilleures universités du monde, tel est le rêve de beaucoup d’étudiantes congolaises mais aussi ceux de leurs parents qui souhaitent voir leurs progénitures obtenir les meilleurs diplômes dans les divers domaines qu’elles ont choisi. Certaines y parviennent, mais à quel prix.
« Mes parents ont dû épargner pendant des années pour que je parte étudier en Ukraine» lance d’emblée Sagesse qui a terminé ses études (de journaliste avec le grade de Bachelor) en Ukraine il y a un an et se retrouve actuellement en France en attendant de trouver un emploi stable au Congo « Je suis heureuse d’avoir pu terminer mes études sans avoir repris de classe. Evidemment ça n’a pas été facile, la grande barrière était la langue mais une fois que je suis rentrée dans le bain, je comprenais mieux mes cours et la communication était beaucoup plus facile avec les autres étudiants » a renchérit Sagesse heureuse d’avoir tenir bon jusqu'à la fin de ses études.
Pour Merveille Diella bien que le visa et l’inscription ont été obtenus sans grand tracas, son intégration par contre n’a pas été des plus simples comme l’a fait savoir cette dernière « je me suis retrouvée dans une famille d'accueil qui est en fait mon oncle et sa famille. L’adaptation n’a pas été facile du tout : différente famille, différentes règles de vie. Vraiment il m’a fallu du temps, pour m’adapter et quand tout allait mal, il fallait juste que je me rappelle ce pourquoi j’étais au Ghana, bref mon objectif final. » Raconte cette dernière qui est au Congo après avoir passé un an et sept mois au Ghana pour l’apprentissage de la langue anglaise avant débuter l’année prochaine des études en ingénierie logiciel.
Angélique qui a requis l’anonymat, (en dernière année de médecine en France) n’oubliera jamais les démarches auxquelles elle dû faire face pour obtenir son visa pour la France. Aujourd’hui encore, elle pense qu’obtenir un visa pour des études en France reste un véritable challenge « Après l’étape de l’épargne, vient ensuite la phase de la préinscription, puis la demande du visa qui à mon avis demeure la démarche la plus effroyable car tout peut s’écrouler en cas de refus de visa et met en péril tous les efforts, et tous les frais dépensés par les parents pour partir » explique Angélique qui compare cette période à l’attente d’un examen « c’est comme lors de la délibération du bac » s’empresse d’elle d’ajouter.
« Mais après cela ce n’est que du bonheur une fois le visa obtenu. Cette joie est aussi traversée par des inquiétudes car on se pose des tas de questions. Comment seront nos nouveaux amis, sur qui compter car tous les parents restent, et c’est difficilement qu’on retient ses larmes une fois dans le vol » relate Laudes Mariale étudiante en économie et mannequin à ses temps libres en Russie.
« Une fois sur place, c’est la découverte d’un nouveau monde, tout est impressionnant, le paysage, l’architecture ; les restaurants…Les premiers jours d’adaptation ». Explique Sagesse qui après cinq ans en Russie a eu du mal à quitter cette terre vu qu’elle y a noué des franches amitiés « Quand on a passé cinq ans dans un pays, on a toujours du mal a quitté ce que l’on a bâti. Beaucoup de choses vont me manquer comme les excursions, les fêtes de fins d’années, les concerts, et aussi miss Africa Sumy, un évènement toujours unique » explique Sagesse
Autre fait qui a marqué la jeune fille c'est la qualité des enseignements. « L’avantage dans l’université ou je me trouvais on n’était peu nombreux en comparaison avec les amphithéâtres Congo. Les professeurs étaient présents et très impliqués, et les cours intensifs et il fallait s’accrocher d’autant plus que les cours se déroulaient en langue russe » explique sagesse qui ne regrette rien de ces années passées loin de son Congo natale car dit –elle « j’ai découvert avec émerveillement la gastronomie russe, ce sont des mets que j’ai appris à aimer et de mon côté quand j’avais l’occasion, je faisais découvrir à mes amies russes les plats du Congo. » avance Sagesse dans un éclat de rire.
Pourquoi partir ?
Partir pour avoir une meilleure qualification, pour ne pas être perturbé pendant l’année scolaire par des grèves des étudiants ou des professeurs. Partir enfin pour revenir mieux nantis avec des chances d’être rapidement embauché dans la vie active comme le déclare N’tsamoukounou Moyo Grace Marinette, 20 ans , en première année en chimie à la faculté des sciences et techniques à Marien Ngouabi. Depuis que nous avons commencé les cours, nous avons été perturbés plusieurs fois. On n’a pas suivi les cours correctement. Et dans l’amphithéâtre c’est la mort, je ne sais même combien nous sommes. Les docs viennent quand ils veulent et si tu n’es pas dans un groupe de TD (travaux pratiques) c‘est la mort » ajoute N’tsamoukounou qui a parfois l’impression d’aller y perdre son temps.
« Mon désir d’aller étudier ailleurs est certainement dû à mon souci d’avoir une meilleure qualification et d’être compétitive sur le marché du travail. J’ai aussi envie de m’épanouir dans ce que je fais. Vous vous rendez compte que nous n’avons pas de laboratoire en bonne et due forme ici, on voudrait bien tester ce que l’on ne fait, mais on n’est pas en mesure de le faire et c’est frustrant … » a expliqué cette dernière qui souhaite vivement aller étudier ailleurs pour recevoir une meilleure formation et obtenir une bonne qualification afin d’être compétitive sur le marché du travail. « Et je pense que cela me donnera des nouvelles et des meilleures perspectives pour ma carrière car je voudrais un jour travailler pour mon propre compte » rapporte Marinette Grace qui se donne cinq ans pour réaliser son rêve.










