Agée de 30 ans, Sagesse Barthélemy Kintombo qui entre à l’université de Sumy en 2010 dans la ville de Sumy au nord-ouest de l’Ukraine y ressort cinq ans plus tard avec à la clé un Bachelor en journalisme. En France en attendant de trouver en emploi à sa mesure, la jeune congolaise revient sur ses cinq années passé en Ukraine.
Les Dépêches de Brazzaville: Depuis quelle année est tu arrivée en Russie ? Et quelle étude as-tu fais ?
Barthélemy Sagesse Kintombo : Je suis arrivée en Ukraine en 2010 et j’ai terminé mes études en journalisme l’année dernière
Dans quelle circonstance es-tu arrivée en Russie, par le biais d’une bourse au frais des parents. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Ce sont mes parents qui m’ont inscrit dans cette université. Tout mon séjour ici a été au frais de mes parents et cela te met la pression car tu as en tête qu’une seule chose, ne pas les décevoir. Quand je vois les frais d’inscription, ce qu’ils ont dépensé pour le visa et enfin ce qu’ils ont dû payer pour tout mon cycle, il fallait coude que coude que je réussisse.
Quelle a été la réception des étudiants russes à ton égard et autres étudiants africains ? Est-ce que ton intégration s’est faite facilement ?
Quand je suis arrivée en Ukraine, j’ai fait une année de langue et j’étais avec certains de mes compatriotes dans la même classe. Une fois l’année de langue terminée, je me suis retrouvée l’unique africaine dans une salle de 25 ukrainiens. Bien évidemment au début ce n’était pas facile ni pour eux ni pour moi. Il y avait déjà grande barrière celle de langue. Bien que j’aie appris la langue, ce n’est pas toujours pareil avec un natif du pays. Ils avaient même du mal à prononcer mon non et mon prénom et pour leur faciliter la tâche je leur tout simplement demandé de m’appeler Sagi. C’est à coup de compromis que j’ai petit à petit trouver ma place
As-tu été confrontée au racisme ?
Pour ce qui est du racisme, personnellement je n’ai pas été victime, mais certains de mes amis y ont fait les frais. Quand je suis nouvellement arrivée certains étudiants de ma classe avaient des appréhensions par rapport à ma couleur de peau et certaines filles de ma classe ne me saluaient même pas. C’est en deuxième année qu’il y a eu un revirement de comportement à mon égard. Ils ont appris à me connaitre et moi aussi j’ai appris à les connaitre. Et je me suis intégrée et tout mon parcours estudiantin s’est déroulé sans heurte.
Quel beau souvenir tu gardes de ce pays
Il y en a plein bien évidemment. J’ai rencontré des gens magnifiques qui m’ont aidé à m’intégrer, qui m’ont conseillé quand j’avais le mal du pays, quand tout allait de travers, elles étaient là à mon chevet… je pense que cette marque d’attention envers ma personne m’a vraiment marqué au plus profond de moi ; ce sont des amies que porte du très fond de mon cœur.
Est-ce que tu es prête à quitter la Russie et qu’est ce qui va vraiment te manquer ?
Quand on a passé cinq dans un pays, on a toujours du mal a quitté ce que l’on a bâti à coup d’effort. Mais au fond de moi, je savais qu’un jour à un autre, que je devrais partir. Mais c’est vrai que beaucoup de choses vont manquer comme les excursions, les fêtes de fins d’années, les concerts, et aussi miss Africa Sumy, un évènement toujours unique … je pars mais je sais que je vais revenir car je me considère comme une de nombreuses filles adoptives de Pouchkine.










