Paru aux éditions Joel Losfeld, Le corps de ma mère, dixième roman de l’écrivaine et journaliste Fawzia Zouari, vient de remporter le prix des cinq continents de la Francophonie 2016.
Ce livre est le récit qui traduit d’une façon à la fois grave et enjouée l’histoire d’une famille et surtout d’une mère charismatique, Yamna. Ceci par la plume de sa propre fille. Chacun appartient à une famille. Tout ne se dit pas. On ne parle pas de celle qui vous a transmis la vie en des termes très peu mesurés.
À travers une écriture aguerrie, Fawzia Zouari relève des tabous familiaux. Des rivalités conjugales entre co-épouses aux guerres d'héritage opposant des frères jumeaux. Le ressentiment des uns qui reprochent leur mère d'avoir des préférences pour d’autres enfants ou encore des descendances extraordinaires, supposées de Noé ou de Mahomet…
Ce dixième rejeton de Fawzia arrive avec une plume parfaitement dynamique. Le style est captivant et colle le lecteur jusqu'à l’ultime phrase. Il se prête aisément à la compréhension et est traité de façon saisissante avec de belles chutes.
Les personnages sont peints tout en profondeur et leur psychologie est maîtrisée. Yamna, la charismatique, éclaire son aura. Soraya, sa bru, est d’un caractère fort. Saina, sa bonne, dépositaire des mémoires de sa patronne, s’ouvre à Thym. Cette dernière, dans son irrévérence et impertinence, lève le rideau tendu sur les secrets familiaux dans une langue étrangère. Sacrilège. Entre « chouma » et « khain », honte et traîtrise. Laissez-vous emporter !!!
Le corps de ma mère de Fawzia Zouari publié chez Joëlle losfeld (2016)










