Quand Ouagadougou vit au rythme des festivals de danse

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Jeudi, Février 9, 2017 - 15:30

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso est un véritable épicentre des festivals de danse. A peine deux mois après les festivités de la Triennale Danse Afrique Danse, sous la direction artistique de Salia Sanou, Seydou Boro et la coordination d’Irène Tassembedo, s’ouvre dans cette même ville, depuis le 28 janvier jusqu’au 4 février, la cinquième édition du festival international de la danse de Ouagadougou (Fido), sous la férule d’Irène Tassembedo.

Une semaine avec une douzaine de compagnies venues d'Afrique et d’ailleurs, à l'Institut français, à l'EDIT - l'Ecole de la danse d'irène Tassembedo, et au CDC de Salia Sanou.

Au Burkina comme ailleurs sur le continent, l’argent, le nerf de la guerre n’est pas ou presque pour la création, mais la volonté, elle, est là. Irène ironise « Chaque édition du FIDO me rapproche davantage de la Maison d'arrêt…un jour ou l’autre je vais y arriver à cause de mes dettes personnelles, pour assurer le budget du festival ».

Le financement est trop laborieux même au Burkina, le pays qui s'investit dans la culture. On arrive à monter un festival aussi grâce à l'amitié et la solidarité entre les artistes qui acceptent les conditions « amicales ».

Faro-Faro, spectacle culte du FIDO

Le joyau de cette édition, c'était le spectacle Faro Faro – un hommage à Coupé-Décalé du chorégraphe ivoirien Massidi Adiatou - une continuation logique du spectacle majeur Rue Princesse de la compagnie N'Soleh qu’il codirige avec Jenny Mezile, à Abidjan.

Massidi a observé et choisi pendant quelques mois une dizaine des très jeunes danseurs de 16/17 ans qui se produisent dans les bars de Yopougon « le quartier chaud d'Abidjan », pour les former d’abord et créer ensuite une soirée urbaine Faro Faro.

« Je suis le temps, l'évolution dans le temps de mon pays la Côte d'Ivoire. De 2006 à 2011 on a travaillé sur “la Rue Princesse” ensuite, je me suis penché sur le mouvement “coupé décalé”, car c'est devenu l'expression la plus pointue de la jeunesse dans les pays francophones de l'Afrique. », Confie-t-il.

Il ajoute « ma démarche est simple, je prends des éléments de la danse de jeunes danseurs, transforme à ma façon artistique dans un spectacle vivant capable de tourner partout dans le monde devant un autre public que les habitués des maquis de Yopougon, mais même en Côte d'Ivoire, car un spectacle de la danse rempli, ici, une salle jusqu'à 5000 personnes ».

Le spectacle Faro-Faro a été créé à l'institut français d'Abidjan en mars 2016 et livré pendant le MASA. Cette création a suscité un enthousiasme du public. Et les artistes eux-mêmes étaient aussi très emballés. « Ça les a rendus très fiers ».

Rendez-vous pris, jusqu’en 2020, après cette échéance, les artistes ainsi formés seront indépendants, fait valoir Massidi Adiatou.

Sasha Gankin
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