Né en 1928 à la Havane, ce musicien surdoué et trompettiste virtuose est décédé jeudi matin à Montpellier.
Trompettiste prodigieux, Ernesto Tito Puentes, était l’une des figures majeures de la musique cubaine et du jazz. Après avoir fait ses classes aux côtés de ses deux oncles trompettistes, en soufflant dans un cornet bricolé, Il s’est fait connaître dans le Cuba des années 1940 avant d'acquérir une renommée internationale, avec plus de 200 albums à son actif.
« Quand j'ai fait du jazz, mes compatriotes me disaient que je n'étais plus Cubain, mais jazzman. Aujourd'hui on me dit salsero… Et je préfère le terme musique afro-cubaine plutôt que salsa, qui me semble impropre mais surtout a été inventé par les Américains (...) Moi, je me dis musicien. J'essaie d’intégrer dans ma musique des influences européennes et africaines. Ma musique est plurielle », disait-il.
Ce n’est qu’au début des années 1950 qu’il avait quitté son pays natal pour une tournée d'un an en Europe, au Moyen-Orient et au Liban. Lorsque l'organisateur de la tournée avait laissé les musiciens désargentés et désemparés, il s'était installé en France. À Paris, « Tito » s'était rapidement fait un nom avec ses rythmes chaloupés.
Dans les années 1970, il avait notamment accompagné Sylvie Vartan, Michel Delpech, Claude François, Nino Ferrer, Eddy Mitchell ou Joe Dassin. Il fut également le chef d'orchestre et arrangeur d'un big band pour le musicien camerounais Manu Dibango, que l’on retrouve également dans le dernier album de « Tito » intitulé Gracias.
En 1995, il avait créé son propre Big Band, composé de 20 musiciens venus notamment de Cuba, du Venezuela ou de Colombie.
Dans son dernier album, Gracias, « le plus Parisien des Cubains», comme le surnomme son manager, avait notamment invité Manu Dibango et Ibrahim Maalouf.










