« Les oiseaux de la basse-cour ont vendu la poule », le tout premier roman de Bienvenue Gertrude Hobain-Mongo, semble être un miroir qui reflète quelques anecdotes de la vie socioprofessionnelle de l’auteure.
Une autobiographie voilée ? Comme sa consoeur écrivaine de la rive gauche de Kinshasa, Bibish Mumbu, Gertrude est « à l’intérieur de ce qu’elle écrit.» Le récit narré à la troisième personne laisse l’impression auprès du lecteur d’une journaliste qui décrit les réalités propres à sa vie de femme de médias. En même temps, celle d’une auteure qui a peur de s’identifier à travers les personnages dont l’espace de vie mêle tradition et modernisme.
Cette œuvre est le fruit d’une passionnée de la lecture à l’image de Simone Veil, faisant paraître une certaine intertextualité à travers l’évocation du roman policier d’Agatha Christie, « Antoine m’a vendu son destin » de Sony Labou Tansi, et des propos humanistes d’Emmanuel Kant ou de Nelson Mandela. En effet, « elle se nourrissait de livres comme les moines de la prière.» (p.12)
Tout le roman, toutes ses scènes se résument en un cri, celui de la liberté, de l’altruisme comme le rapporte la narratrice par les mots de Claude Bebussy : «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui».
L’auteure prend à cœur le défi de l’émancipation de la femme. Aussi écrit-elle : « L’Afrique regorge d’énormes potentialités féminines. Il faut beaucoup de leaders femmes, ce sont de bonnes communicatrices. Elles sont plus préoccupées du devenir de la planète que les hommes. » (p.145)
Les méandres du métier de presse, couplées à la vie familiale et politique, y sont décrits avec clarté et dans un langage limpide. « Tout allait bien se passer si le conseiller Augustin Boula Ntoulou n’avait pas détourné le per diem destiné aux médias. D’un commun accord, les journalistes décidèrent d’étouffer l’actualité du ministre dans l’œuf. » (p.80)
Cependant, à travers un tableau atypique se déploient des thématiques relatives au microcosme des villes de l’Afrique subsaharienne: la mort par malaria ou par accident de route, le VIH-sida, les coupures d’électricité et d’eau courante, l’infidélité conjugale, le trafic d’influence et les coups bas, autant de maux qui contrastent au vrai sens de l’amitié et à l’idéal du travail bien fait.
Diplômée supérieure en gestion financière et comptable, Bienvenue Gertrude Hobain-Mongo a été reporter et présentatrice des journaux à la Télévision nationale congolaise avant d’être promue secrétaire-comptable du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), instance de régulation des médias.










