Notes de lecture : « Adieu Madiba » de Gabriel Entcha-Ebia

Onglets principaux

Vendredi, Septembre 15, 2017 - 11:15

L’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela «Madiba», a inspiré beaucoup d’auteurs. Le diplomate congolais Gabriel Entcha-Ebia se joint à la longue liste de ces biographes, en consacrant un volume de 150 pages sur la vie de Mandela. Le livre publié aux Éditions Hemar a bénéficié de la préface du président de la République du Congo, Denis Sassou N'Guesso, un autre homme d’État proche de l’illustre disparu qui, d’ailleurs, a partagé la même lutte de libération des peuples contre toute forme de domination de l’homme sur l’homme.

« Adieu Madiba » est un ouvrage qui tombe à point nommé pour permettre à tous ceux qui ont connu de prêt ou de loin le Nobel de la paix et homme d’État sud-africain, Nelson Mandela, d’en savoir davantage sur sa traversée du siècle, depuis la tendre enfance jusqu’à la mort. « Ce livre se veut une biographie politique et intellectuelle de Nelson Mandela. Il relate avec force détails les années d’avant la prison du leader sud-africain, ponctuées par des luttes contre l’apartheid, son séjour dans les bagnes, sa libération et son élection à la tête de la République arc-en-ciel. Il s’agit d’un travail d’intellectuel qui a pour visées de témoigner de l’actualité de Nelson Mandela », lit-on à la quatrième de couverture. Nelson Rolihlahla Mandela s’est éteint à 95 ans le jeudi 5 décembre 2013 à 20h à Johannesbourg, loin de son petit village, Mvézo, où il naquit un 18 juin 1918. Encore gamin, jouant avec ses copains, Mandela apprit très tôt, écrit l’auteur. «Humilier quelqu’un c’est le faire souffrir inutilement. Il ne sert donc à rien d’humilier quelqu’un, de le déshonorer, fut-il ton adversaire. Cette leçon, il va l’appliquer plus tard en sortant de prison ; loin de se venger, Nelson va plutôt prôner la réconciliation avec les blancs, ses bourreaux » (p.22).

Après une enfance tumultueuse, loin de ses géniteurs, et un parcours scolaire plus ou moins élogieux, Nelson Mandela connaît le privilège de suivre des études de droit. Étudiant laborieux, lucide et discipliné, Nelson fréquente peu à peu les milieux politiques. Son engagement en politique prendra le dessus sur sa vie conjugale. Révolté contre les injustices et les oppressions dont sont victimes les Noirs en Afrique du Sud, Mandela adhère à l’ANC, ancien congrès indigène d’Afrique du Sud, le parti le plus vieux et le plus représentatif du pays qui accueille en son sein les Noirs. Il en deviendra la figure de proue.

Convaincu que le complexe d’infériorité était un obstacle à la libération du Noir et celui-ci était capable d’arriver aux mêmes résultats que l’homme blanc, à l’image de Marcus Garvey, William Du Bois, Haïlé Sélassié, et Martin Luther King, Nelson Mandela accentue son militantisme anti-apartheid. Ce qui lui vaudra un emprisonnement à vie à l’âge de  45 ans. À 72 ans, il sort de la prison et s’engage dans les négociations avec le président De Klerk, lesquelles négociations aboutiront à l’abolition de l’apartheid. Le 10 mai 1994, Mandela accède à la magistrature suprême. Il tend la main aux adversaires d’hier pour construire une nation unie et respectueuse des droits de chaque citoyen, au-delà de leur appartenance raciale.

Un mandat de cinq ans lui suffit pour qu’il cède le témoin à son successeur, Thabo Mbéki. Mandela consacrera ses derniers jours à la promotion de l’éducation, de la paix et à la lutte contre le sida. Vivant comme mort, Mandela n’a cessé de réconcilier les hommes autour de lui. Dans l’Histoire humaine, aucune personnalité avant lui n’a rassemblé autant de monde à  sa mort, insiste l’auteur. Dans cette foule immense venue de tous les continents pour honorer sa mémoire se sont retrouvés 99 chefs d’État d’obédience ou d’idéologie quelquefois opposée.

Tout compte fait, on se souviendra encore du plaidoyer de Nelson Mandela à Pretoria, en octobre 1963, où il énonce les idéaux qui ont inspiré son action et marqué toute sa vie : « Quant à moi, je me suis voué à cette lutte du peuple africain. Je me suis battu contre la domination blanche et je me suis battu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous les hommes vivraient en harmonie et avec les chances égales » (p.63).

 

 

Aubin Banzouzi
Notification: 
Non