C’est un film à voir, que l’on soit d’ici ou des territoires dont il est question. Il aide surtout à mieux saisir les expériences des femmes noires en France et en Belgique.
« Ouvrir la voix » diffusé actuellement en France, dont vous pouvez voir quelques extraits sur Internet est écrit et réalisé par Amandine Gay. Le film est centré sur l'expérience de la différence en tant que femme noire et met en lumière, à travers des parcours de 24 femmes, les questions des intersections de discriminations, d'art, de la pluralité des parcours de vies et de la nécessité de se réapproprier la narration.
À travers cette production, la sociologue, artiste et militante a voulu « occuper l’espace public et expliquer pourquoi l'occultation de la question raciale en France est un problème éminemment politique. » Pour Amandine Gay, « mon expérience de femme noire étant forcément limitée et subjective, il m'est apparu nécessaire de donner la parole à des femmes différentes de moi afin de dresser un portrait politique des femmes noires européennes et francophones aussi multiples que les réalités et identités qu’il comprend. »
Documentaire édifiant, elle a aussi vocation à mettre en lumière les stratégies d'effacement des noires de l'Histoire de France et d'Europe et du maintien d'un statu quo racial par l'État, les intellectuels et les médias. L’une des réussites d’«Ouvrir La voix » tient sur sa volonté d’aller « bien au-delà de la plainte individuelle pour affirmer la nécessité de s'organiser collectivement et politiquement afin de devenir les agent-e-s de notre émancipation. », ajoute la réalisatrice. «J’envisage donc ce film dans l’esprit d’une enquête sociologique, même si la dimension militante et artistique est affirmée », explique Amandine Gay à la tête de « Bras de fer », sa boîte de production, qui a dû s’armer d’un grand courage pour assurer la réalisation et la sortie en salle de son film.










